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Société

« Fermeture immédiate de l’usine, dépollution du site et reclassement des salariés »

Montreuil : mobilisation contre une usine toxique à côté d’une école

A Montreuil, des parents d’élèves se mobilisent depuis plusieurs mois pour la fermeture de la SNEM, usine toxique située à quelques mètres d’un groupe scolaire.

Depuis plusieurs mois, les habitants du quartier de Etienne-Marcel-Chanzy à Montreuil luttent pour exiger la fermeture d’un sous-traitant d’Airbus et Safran, la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), qui utilise du chrome VI, produit cancérogène interdit. Début juillet, Nicolas Barrot, président de l’association de riverains les Buttes à Morel dénonçait les méthodes de surveillance des rejets toxiques de l’usine. En effet, fondé sur un système d’autosurveillance, l’exploitant était lui-même chargé de collecter les données de ses propres rejets toxiques, via un laboratoire payé par lui-même.

La mobilisation contre cette usine toxique, spécialisée dans le traitement des pièces mécaniques d’avion et située à une trentaine de mètres d’une école a pris une nouvelle tournure en juin lorsqu’un cas de leucémie a été détecté chez un enfant du quartier, qui s’ajoute à deux autres cas dans la même rue, dont un qui s’est révélé mortel. Le chrome VI, très utilisé dans l’aéronautique, est en effet très dangereux pour la santé, car classé mutagène, cancérogène et reprotoxique. Des résultats d’analyse réalisés cet été prouvent que les taux de chrome VI trouvés dans l’usine sont anormalement élevés : une concentration de 3,6 µg/m3 a été mesurée au 1er août, soit une dose trois fois plus élevée que la limite autorisée, alors même que l’usine ne tournait pas à plein régime. En 2015, le sous-traitant déclarait produire plus de 37 tonnes de « déchets dangereux » par an.

Depuis la rentrée, des parents d’élèves du groupe scolaire Jules Ferry ont donc entamé une lutte acharnée avec pour mot d’ordre « Fermeture immédiate de l’usine, dépollution du site et reclassement des salariés ». Les employés de la SNEM étaient également entrés en conflit avec leur direction en novembre 2013 quant à leurs conditions de travail. Mercredi 27 septembre, les parents d’élève ont organisé un rassemblement devant l’usine qui a été violemment réprimé par la police : deux parents ont été placés en garde à vue, six ont été blessés dont une mère d’élève qui a subi une fracture de la main et dix-neuf jours d’incapacité totale de travail. Une plainte a par la suite été déposée auprès de l’IGPN.

La SNEM a été placée depuis le 3 août en procédure de sauvegarde, et est sous le coup d’une « mise en demeure » de la préfecture depuis le 8 août. Le préfet a fixé jusqu’à mi-novembre pour mettre en conformité le système d’aération de l’usine, et a fait savoir que « l’exploitant a déjà satisfait aux deux premières obligations relatives aux déchets ». Ces exigences sont cependant insuffisantes selon les parents d’élèves qui réclament la fermeture complète de l’usine




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