Société

Propos racistes, menaces de mort et intimidation avaient été filmés par un smartphone

Moselle. Le patron raciste relaxé par la justice

Publié le 30 novembre 2016

C’est ce que montre notamment une affaire qui s’est déroulée à Moselle suite aux propos racistes qu’a porté le patron d’entreprise de Hauconcourt à l’égard de l’un de ses employés chauffeur routier en juillet 2015. Il a été relaxé par la justice mardi dernier par le tribunal correctionnel de Metz.

Matthias D’Armagnac

Cette affaire avait commencée en Juillet 2015, suite la diffusion d’une vidéo par Mustapha, pour dénoncer le comportement de son patron qui depuis de nombreuses semaines proférait de virulentes injures à son égard. « Tu rentres dans les rangs ou tu dégages, tu fermes ta grande gueule ! » entendait-on sur l’enregistrement. Evoquant la décapitation d’un patron dans le Rhône, Mustapha, pour sa couleur de peau, s’était fait vilipender par la suite : « si, c’est exactement pareil et j’ai envie, moi, de prendre un Arabe et ’tac’, et de le mettre en haut de mon bâtiment [...] Je vais mettre ta tête sur un portail », son patron terminant par des insultes ouvertement racistes : . « Et... t’as de la chance, poursuit le patron, enragé. Je n’aime pas les Arabes. Je N’AIME PAS les Arabes. Alors fais gaffe à toi, hein  ! »

Les preuves de l’enregistrement sont accablantes, et de nombreux employés ont témoigné pour dénoncer des insultes racistes et des menaces semblables proférées par ce même patron au sein de l’entreprise.
Malgré des preuves accablantes, la justice a démontré une fois de plus son caractère de classe. En effet, le patron raciste a était relaxé. Le motif ? Ses propos n’étaient pas publics, laissant ainsi Mustapha sans défense face à des attaques morales quotidiennes qui lui ont valu de perdre son emploi suite à ces événements. La peine maximale de 750 euros si une injure homophobe, sexiste, raciste n’est pas considéré comme publique fignolant un tableau qui protège les bourreaux, et délaisse les victimes.

Ainsi, nous avons donc un patron qui bénéficie du privilège de menacer un employé de licenciement, si jamais ce dernier entend dénoncer les abus de pouvoir qu’il subit, employeur qui se retrouve de facto protégé devant un tribunal, et ce alors que d’autres cas de racisme et de harcèlement moral sont avérés par de nombreux témoignages. Un dénouement qui en dit long sur la nature même de la justice, prête à toutes les ignominies pour défendre les intérêts patronaux, qui plus est lorsque la victime se trouve être issues de populations immigrées.