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Münich. La police réprime une manifestation syndicale contre la loi d’intégration.

Publié le 24 octobre 2016

A Münich, 3000 personnes ont manifesté samedi dernier contre la « loi d’intégration » du CSU, parti au pouvoir en Bavière, qui prévoit plus de répression envers les migrant-e-s. La manifestation a rassemblé des syndicats, partis politiques, groupes de gauche et migrants. Elle a été massivement réprimée par la police.

Marius Maier, Klasse Gegen Klasse

La « loi d’intégration » du CSU prévoit plus de répression envers les migrants. Ces derniers devront se conformer à la culture dominante en Allemagne. Ceux qui n’y correspondent pas risqueront une lourde amende. Une vaste mobilisation contre cette loi s’est tenue samedi. Elle était constituée de syndicats, de partis politiques dont le SPD, les Verts et le Parti communiste allemand, ainsi que d’autonomes. Waffen der Kritik et RIO étaient dans le cortège de Refugee Struggle for Freedom, collectif de migrants auto-organisés qui avaient occupé une place durant deux semaines à Münich au mois de septembre. Après une marche de protestation vers Nürnberg ils y sont revenus pour manifester contre les discriminations et les expulsions.

La police à l’offensive

Dès le début de la manifestation, la police essayait d’intimider les antifascistes et les migrants qui revenaient de Nürnberg par des contrôles d’identité et parfois des nasses. Après avoir quitté la maison des syndicats, le cortège a été attaqué par la police à la Sendlinger Tor. Juste devant le siège du parti des Verts, des fumigènes ont été allumés. La police a pris cela comme motif pour charger le cortège et le séparer en deux, avec d’un côté les réfugiés et de l’autre le cortège anticapitaliste.

L’intervention de la police était visiblement prévue à l’avance. Certains cortèges étaient dès le début suivis de près par des policiers armés de tonfas. D’autres détachements de police attendaient à la Sendlinger Tor, et ont à leur tour attaqué la manifestation en coupant le cortège et en nassant près de 200 personnes du bloc anticapitaliste.

La police a déchiré et confisqué des banderoles pour avoir accès au cortège des manifestants (les cortèges allemands ont des banderoles de chaque côté). De nombreuses personnes ont été arrêtées au cours de la manifestation et embarquées dans les camions de police. Après les arrestations, et grâce à la pression exercée sur les policiers, la nasse a pu être libérée et la manifestation a continué. Cependant, jusqu’à l’arrivée sur l’Odeonsplatz, un cortège de policiers lourdement armés continuait à suivre la manifestation. Au point d’arrivée, la police a de nouveau chargé la foule a plusieurs reprises pour arrêter des manifestants et justifier ses coups de matraques. D’après nos sources, tous ceux qui ont été arrêtés ont été relâchés en fin d’après-midi.


Pour une réponse des syndicats face à la répression

L’Etat allemand a montré une fois de plus qu’il est prêt à réprimer les manifestations anti-racistes et à continuer à criminaliser les migrants. Pendant ce temps, la terreur menée par l’extrême-droite s’accentue, notamment par les attaques aux centres d’hébergement des migrants et aux institutions musulmanes.

En l’occurrence, la police a attaqué une manifestation syndicale. Cela porte une grave atteinte au droit de manifester. Les syndicats doivent répondre à la répression.

Nous exigeons de la Confédération allemande des syndicats et de ses membres :

- L’exclusion des policiers des syndicats. Comment des policiers organisés dans un syndicat peuvent-ils matraquer d’autres membres de ce même syndicat ?

- Un soutien politique et juridique pour les victimes de la répression.

- Une campagne contre le racisme et la répression, tournée vers la « loi d’intégration », les violences policières et l’extrême-droite.

- Les syndicats doivent s’engager pour les droits des réfugiés. La participation de Refugee Struggle for Freedom à la manifestation nous a montré que les migrant-e-s sont prêt-e-s à se battre aux côtés des travailleurs-ses pour de meilleurs salaires et pour l’égalité des droits.

Nous considérons les attaques de la police comme une manœuvre d’intimidation politique du gouvernement de Bavière. Nous sommes prêts à engager une campagne contre la répression et sommes solidaires de toutes les personnes qui ont subi la répression samedi dernier.