Genres et Sexualités

Sur ma mère, sur une femme comme tant d’autres II

Musique. Sans morale et sans chaînes.

Publié le 5 août 2016

M. M. 

C’est un sujet personnel, intime, une blessure latente autant qu’une source d’inspiration intarissable. Après un premier article en janvier dernier, en voilà une autre expression, musicale cette fois. Ma propre mère, ma propre enfance, ma propre vie. Ou plutôt la sienne. Un peu celle de mes frère et soeurs également. Ou celle de celles et ceux qui s’y reconnaîtront, en partie, ou totalement. C’est personnel, ou non, c’est politique, les deux. Il y a des années déjà, nos aînées l’ affirmaient haut et fort : le privé est politique. A chacun.e sa manière, à chacun.e son histoire, mais chaque jour réinventons, exprimons, démontrons que notre intime fait aussi partie d’un tout plus grand, d’un monde fait de rôles administrés selon nos origines, sociales ou géographiques, selon notre genre, ou plutôt celui qu’on nous a donné, selon notre couleur de peau, nos croyances, selon notre âge aussi. Bref, sortons de nos placards les squelettes qui nous rongent et sur ce tas d’ossements puisons les premières forces qui « nous rendront libres », toutes, et tous.

Une pensée et des remerciements particuliers à Sarah Macna, musicienne, interprète, mais surtout soutien indispensable pour mener le projet jusqu’au bout.

L’auditeur.ice se doutera que cette chanson n’a pas eu la chance d’accéder à des studios d’enregistrements, ou encore que l’auteure est loin d’être chanteuse professionnelle, mais nul besoin de l’être pour s’y autoriser.

Sans morale et sans chaînes

Sur un air original de Coeur de pirate (Crier tout bas)

Je t’ai su jouer, la jeune enfant modèle,
Fille calme et serviable, petite soeur fidèle.
Et quand tu partais, du foyer familial,
Vite tu rejoignais, la maison maritale.

Passent les saisons, tu prends chacun des rôles,
Indispensables, à toi à toutes les autres.

Et si tu te surprends, à rêver un instant,
Raconte-moi comment tu t’imagines ?
Si t’avais eu le choix, sans morale et sans chaînes,
Oh dis ! raconte-moi, qui serais-tu ?
Qui serais-tu ?

Je t’ai vu trimer, à être l’épouse parfaite,
Cuisine rodée, ménage assermenté.
Malgré ton mari, éternel insatisfait,
Tu ne baisseras pas, tes bras pourtant si las.

Et quand son mépris, consommera ton amour,
Tu ne t’accorderas, aucun chemin-retour.

Et si tu te surprends, à rêver un instant,
Raconte-moi comment tu t’imagines ?
Si t’avais eu le choix, sans morale et sans chaînes,
Oh dis ! raconte-moi, qui serais-tu ?
Qui serais-tu ?

Et je t’ai vécue, une mère attentionnée,
A tes enfants, entièrement dévouée,
Quand t’abandonnais, tes envies, tes désirs,
C’est à travers nous, que tu tentais de vivre.

Mais passent les années, l’on quitte le foyer,
C’est une seule vie, qu’il faut maintenant soigner.

Et si tu te surprends, à rêver un instant,
Raconte-moi comment tu t’imagines ?
Et si t’avais le choix, sans morale et sans chaînes,
Raconte-moi Maman, qui veux-tu être ?

Quand nos regards se croisent, n’y vois pas seulement ta fille,
N’y vois pas seulement ta vie, fille-femme-mère,
Que nos regards se croisent, et que nos mains se lient,
Car nous avons la force, de nous rendre libres,
Nous rendre libres (x3)

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