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Politique

La BAC, service d'ordre du Front national

Nantes. Le meeting chahuté du FN

Marine Le Pen a tenu un meeting ce dimanche à Nantes. Dans cette ville, foyer de lutte contre la loi Travail au printemps dernier, de nombreux militants avaient été arrétés violemment, plusieurs condamnés par la suite. En réponse à cette provocation de la candidate du FN, beaucoup de personnes ont décidé de préparer sa venue avec de la peinture et des rassemblements, ce qui n'était pas du goût de la police, qui encore une fois a clairement choisi son camp. Thibault Yeamreg

Samedi, beaucoup de personnes ont répondu à l’appel de la Confédération générale du travail (CGT), de l’union syndicale Solidaires et des Jeunesses communistes pour manifester contre la venue de Marine Le Pen. Environ 2500 personnes sont venus manifester contre la présence du Front national à Nantes, et face à eux une sécurisation conséquente de 500 policiers.

Plus tôt dans la journée, suite à l’appel à nasser le Zénith de la ville afin d’empêcher le maintien du meeting en proposant par ailleurs une opération escargot, certains autocars transportant des proches de Marine Le Pen ont été repeints et bloqués par des feux de joie sur la route. Ils ont été finalement protégés et accompagnés par la gendarmerie jusqu’au lieu du meeting.

Des affrontements entre la BAC et des manifestants ont eu lieu en marge du meeting, et près d’une dizaine de manifestants ont été interpellés, dont quatre placés en garde-à-vue, d’autres ayant été blessés par des charges, des coups et des grenades lacrymogènes. La police a d’ores et déjà choisi un camp, qui est de protéger ceux ayant des discours haineux et réactionnaire.

Car pour les classes dominantes, dont la police est le bras armé, il est bien plus important de faire taire la contestation que les discours nauséabonds du FN, et d’enrayer de potentielles manifestations qui pourraient venir perturber la période électorale. Ainsi Anthony Lemaire de la CGT 44, présent à la manifestation contre le meeting, déclare : « Nous sommes là pour dire à Marine Le Pen qu’elle n’est pas bienvenue du tout dans l’Ouest et Nantes en particulier. On est une terre de solidarité et de progrès social, d’histoire ouvrière, et on ne veut pas se faire voler par des gens qui mentent aux salariés. »

Cette déclaration fait évidemment écho au fait que le Front national baigne actuellement en pleine affaire de détournement de fonds. Marine Le Pen avait d’ailleurs annoncé récemment, en tentant de se positionner comme victime du système, qu’elle refusait de se rendre à sa convocation : « Je m’étonne de cette précipitation, sauf à considérer que cette démarche judiciaire serait instrumentalisée à d’autres fins". Et Florian Philippot de déclarer après ces événements : « On arrive bientôt pour remettre la France en ordre ! ». Mais de quel ordre parle-t-il ? Celui où la corruption ne sera pas punie, et où tous les militants s’opposant à la caste politicienne en place seront constamment arrêtés, condamnés, emprisonnés ou blessés...




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