Politique

Ils n’y sont pas allés de main morte…

Nantes. 66 manifestants interpellés après la mobilisation interdite du 19

Publié le 20 mai 2016

« Je salue le professionnalisme et le comportement exemplaire des forces de l’ordre », a souligné, hier, le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet, après que mille camarades ont bravé, à Nantes, son interdiction de manifester. Qu’est-ce qu’ont bien pu faire les « forces de l’ordre » pour mériter un tel éloge ? Ils ont interpellé en masse, aligné les militants par terre, avec interdiction de bouger, certains emmenés en garde-à-vue. Une rafle en bonne et due forme.

Corinne Rozenn

Quelques centaines au départ, les rangs ont grossi au fil de l’après-midi alors que les manifestants revenaient de Saint-Nazaire où avait lieu la mobilisation départementale. Interdite, à Nantes, la manifestation a tout de même eu lieu, avec une présence importante de jeunes, de salariés, accompagnés par Solidaires, les réseaux militants nantais mais également de drapeaux de la CGT. « 49.3 ou pas, on continue le combat », c’était l’état d’esprit des manifestants, loin de la caricature que voulait en faire la préfecture : tous les âges, tous les styles, et tous très remontés.

Complètement bouclé par les forces de répression, la manifestation n’a pas pu se rendre dans le centre-ville. Ce n’est que par petits groupes que les manifestants ont pu tromper la vigilance des flics. Vers 17h, les premières interpellations avaient lieu et se sont multiplié par la suite. Au bout du compte, 66. Un ratio manifestant-arrestation qui a dû faire plaisir à Hollande et à son préfet, mais qui renforce la détermination des salariés et des jeunes de Nantes et Saint-Nazaire à redoubler la mobilisation.

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