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Diplomatie offensive

Netanyahou à Paris pour renforcer l’axe contre l’Iran

Le premier ministre israélien est en visite en Europe pour faire la promotion de son axe offensif contre l'Iran, depuis que Trump lui a apporté son soutien en déplaçant l'ambassade américaine à Jérusalem et qu'il s'est retiré de l'accord sur le nucléaire iranien. À l'occasion de la saison culturelle France-Israël, les désaccords entre Macron et Netanyahou sont bien réels alors que le premier ministre israélien est plus que jamais en position de force.

Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

La tournée européenne de Netanyahou à Berlin, Paris et Londres n’est pas laissée au hasard. Elle vise à chercher en Europe des appuis à la nouvelle ligne politique très offensive contre l’Iran à laquelle le premier ministre israélien s’est ralliée. Le récent déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem et la répression féroce des palestiniens aux frontières mettent en position de force celui qui vient pour « discuter […] de deux sujets : l’Iran et l’Iran ».

Lors de son passage à Berlin, les propos du premier ministre israélien n’ont pas été ambiguës en ce qui concerne sa volonté d’« augmenter la pression » sur Téhéran, dont le programme nucléaire et la présence en Syrie inquiètent. Face à Angela Merkel, il a mis en garde la chancelière contre une « nouvelle guerre de religion » qui pourrait voir le jour en Syrie, emmené par le régime chiite iranien. La menace d’une nouvelle vague de réfugiés en Allemagne constitue une mise en garde significative pour la chancelière qui voit son quatrième mandat marqué par la montée de l’AFD qui surfe sur une vague anti-migrants en Allemagne.

À Paris, le son de cloche risque de ne pas être différent. Netanyahou arrive en force avec le soutien de plus en plus affirmé de Trump, qui pourrait faire usage de sanctions contre les entreprises européennes, comme PSA présente en Iran mais qui commence à suspendre ses activités là-bas, avec un axe qui va des États-Unis à l’Arabie saoudite pour s’opposer à l’Iran. Dans ce cadre, et sur fond de crise d’homogénéité politique des principales puissances européennes, la France a aujourd’hui un rôle insignifiant sur les questions géopolitiques.

C’est ce qui fait dire à Vincent Nouzille pour Libération que Macron a : « une capacité de levier sur Israël très faible, voire nulle ». En effet, le double discours du président en même temps critique face à la violence de la répression contre la bande de Gaza mais attaché à la sécurité d’Israël, risque de ne pas rendre crédible sa volonté de préserver l’accord sur le nucléaire iranien. Cet accord, signé à Vienne en 2015 pour encadrer le programme nucléaire iranien via l’Agence internationale de l’énergie atomique et atténuer les sanctions économiques contre le pays, bat de l’aile depuis que Trump s’en est retiré en mai dernier.

Le message de fermeté que le très belliciste Netanyahou veut envoyer est clair : la montée en puissance de l’Iran au Proche-Orient est un danger pour les intérêts israélien et occidentaux et elle nécessite une politique plus offensive. Tout cela s’accompagne d’une absence totale de critique sur les massacres perpétrés par Israël en Palestine.




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