^

Monde

Vers une Europe militaire

Neufs pays européens signent un accord de coopération militaire renforcée

Lundi 25 juin, neuf pays européens ont signé un accord de coopération militaire renforcée, sous l'appellation d'Initiative européenne d'intervention (IEI). Arrière-cuisine de cet accord, la nécessité française de répartir la charge économique et politique de ses interventions au Mali et en Centrafrique. Et à moyen terme, un renforcement de l’autonomie militaire européenne vis-à-vis des États-Unis.

Crédits photo : DIMITAR DILKOFF/AFP/Getty Images

L’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l’Estonie, la France, le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni, ont signé ce lundi à Luxembourg, une lettre d’intention pour la mise en place d’une force d’intervention rapide européenne. Sur l’appellation d’initiative européenne d’intervention (IEI), ce dispositif cherche à alléger celui existant actuellement et ses mécanismes qui nécessitent l’accord de 28 Etats membres de l’Union en cas d’intervention.

Selon Les Echos, «  l’IEI renforcera les liens entre les forces armées des pays membres par l’échange d’officiers et par des exercices conjoints d’anticipation et de planification militaire, de partage de doctrine, de rédaction de scénarios d’intervention et de partage de renseignements ». L’initiative est censée developper une « culture stratégique commune par le biais des officiers de liaison qui analyseront les menaces et les scénarios pour y répondre  », affirme le même quotidien. Derrière ces mots, on comprend bien que cette initiative servira fondamentalement à mettre en commun les forces militaires pour défendre les intérêts des principales puissances impérialistes européennes. 
 

Une initiative hexagonale

Macron avait déjà évoqué en septembre à la Sorbonne la création d’un dispositif pour développer « la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN ».

L’Allemagne, réticente au départ, a finalement signé l’accord à partir du moment où a été convenue que l’IEI maintiendrait des liens forts avec la Coopération structurée permanente (CSP). Le CSP, une sorte d’ébauche d’une « zone euro de la défense » créé en 2017, inclut tous les pays de l’UE à l’exception du Royaume-Uni, de Malte et du Danemark, mais il est dépourvu de visée opérationnelle.

Mais l’autre raison forte qui a poussé Angela Merkel à resserrer ses liens avec ses partenaires européens est la politique commerciale agressive des États-Unis concernant l’imposition de taux aux importations.

Quant aux Britanniques, cette initiative représente pour eux l’opportunité de rester des partenaires privilégiés de la sécurité européenne, et ce malgré le Brexit. 
Les deux puissances militaires européennes, la France et le Royaume-Uni, sont dès lors présentes dans cette initiative. Les états-majors des pays concernés devront quant à eux se rencontrer en septembre.




Mots-clés

Armée française   /    Union Europénne   /    Monde