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Monde

La répression s’accentue

Nicaragua. Des paramilitaires à la solde du gouvernement tuent dix personnes

L’Association Nicaraguayenne Pro Droits de l’Homme (ANPDH), a confirmé l’assassinat de dix personnes dans les dits « villages Blancs » et à Masaya, après l’attaque de paramilitaires dimanche matin. La semaine dernière le gouvernement avait durement réprimé également une mobilisation nationale.

L’attaque paramilitaire s’est produite simultanément dans plusieurs communes. A Diriomo et Diriá à Granada, ainsi qu’à Catarina et Niquinohomo à Masaya. Parmi les plusieurs morts, Alvaro Leiva, secrétaire exécutif de l’ANPDH a déclaré qu’il y avait une fillette de 11 ans atteinte à l’estomac.

Diverses organisations sociales et des Droits de l’Homme ont appelé à nouveau le gouvernement à cesser les crimes et les attaques de la part de forces combinées avec des armements de haut calibre contre la population civile. Les médias locaux ont également informé de 15 blessés graves qui doivent être transportés en urgence à un centre hospitalier.

La Croix Rouge a appelé à l’ouverture d’un corridor humanitaire pour évacuer les blessés graves car la ville de Masaya continue d’être bloquée par des forces combinées et il n’y a aucun accès ouvert.

Sur les réseaux sociaux, la population continue à dénoncer les crimes du gouvernement de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo, qui organisent des opérations de paramilitaires dans les quartiers et les villes nicaraguayennes. « Ce sont des opérations de nettoyage, est c’est cela qui nous inquiète le plus, (…) il y a un grand nombre d’arrestations illégales et de morts ».

On a confirmé pour le moment dix morts mais le nombre pourrait augmenter. Parallèlement, la résistance continue dans les barricades à Manimbó où la population essaye d’empêcher l’entrée de paramilitaires, soutenus par des effectifs de la police. Une caravane solidaire d’organisations sociales et de défense des Droits de l’Homme se dirige vers Masaya pour éviter plus de répression.

La semaine dernière a été marquée par des manifestations importantes et des actions de lutte contre le gouvernement de Ortega et Rosario Murillo. Vendredi la journée de lutte s’est soldée par deux morts lors de la répression contre les étudiants de Managua.

Ortega et sa femme refusent de démissionner et d’appeler à des élections anticipées. En même temps leur gouvernement perd de sa légitimité au niveau national et international. En moins de trois mois, la répression d’Ortega a fait plus de 350 morts déjà.

En même temps, la répression du gouvernement d’Ortega rend plus difficile les solutions pactisées et contrôlées proposées par l’opposition et le patronat. En ce sens, ils sont obligés d’appeler (et à participer) à des actions et mobilisations de masse, comme celles de la semaine dernière.

Il faut dire que l’appel du patronat et de l’opposition bourgeoise organisée autour de l’Alliance Civique d’une « grève civile nationale et pacifique » a pour objectif de canaliser et dévier le mécontentement populaire. Ils veulent empêcher toute initiative et évolution plus à gauche liée à une vraie grève active, au niveau national et convoquée par les travailleurs de base.

Bien que les deux grèves nationales aient démontré une paralysie de la plupart des secteurs économiques, cette situation confirme encore une fois que le recours à ces méthodes de la classe ouvrière – comme la grève active – doivent être mis en avant pour que les classes opprimées et exploitées du Nicaragua imposent leur propre agenda et non celui des patrons et de l’opposition bourgeoise.

Crédit Photo : INTI OCON / AFP




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