^

Société

Un hommage bleu-blanc-rouge

Nice, 14 juillet 2017. Une journée particulière

Cette année, le 14 juillet a également été marqué par les commémorations de l’attentat meurtrier de 2016 à Nice. La ville a annulé le traditionnel feu d’artifice pour organiser une Journée Hommage, placée, tout comme l’était la Fête Nationale, sous le signe de l’unité républicaine et de démonstration de puissance de l’armée française.

La journée était l’occasion d’une vraie démonstration de force : l’entrée sur la Promenade des Anglais, où a eu lieu l’attentat du 14 juillet 2016, était soumise au contrôle des sacs des piétons et interdite aux véhicules. Le tramway a été bloqué durant trois jours sur la place Masséna pour laisser place aux gradins. Les forces de police étaient visibles partout dans la ville.

Vrai moment de réjouissance pour la population niçoise qui se rassemblait chaque année devant les galets pour y assister, le traditionnel feu d’artifice a été annulé à l’occasion de cette Journée Hommage ; pas le défilé militaire en revanche. Très coûteux, il a été l’occasion d’afficher de manière ostentatoire de la puissance des armées françaises sur le lieu même où l’attentat avait battu en brèche de façon barbare et sanguinaire l’état d’urgence et son cortège de mesures antiterroristes.

Emmanuel Macron ainsi que les deux anciens présidents de la République, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont assisté au défilé militaire de Nice. Les couleurs du drapeau français pouvaient être retrouvées partout dans la ville : sur les gradins installés pour les hommages et le concert, dans le bleu-blanc-rouge laissé dans le sillage des avions de chasse… On a observé chez Macron une volonté de montrer une unité nationale, une gauche et une droite unies contre le terrorisme. Pourtant, Paris est l’un des plus gros pourvoyeurs de mort dans le monde, les ventes d’armes étant passées de 4,8 milliards d’euros en 2012 à 20 milliards d’euros environ en 2016, la France étant le troisième exportateur d’armes mondial en 2016 derrière la Russie et les Etats-Unis.

Les Niçois étaient invités tout le long de la journée à venir déposer 12 000 plaques de couleurs (bleu, blanc, rouge), soit 1 tonne et demie d’acier, afin de réaliser la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » sur 170m de long. La journée organisée par la ville n’a été qu’une nouvelle mise en avant creuse et une instrumentalisation des « grandes valeurs » de pseudo-égalité et de l’union nationale.

Crédits photo : Valery Hache / AFP




Mots-clés

Attentat de Nice   /    Attentat   /    Société