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Politique

Xénophobie d'Etat

Non, les services de psychiatrie ne sont pas aux ordres du ministère de l’Intérieur !

Dans une circulaire envoyée début décembre, l'Agence régionale de santé de PACA réclamait à plusieurs hôpitaux psychiatriques de participer à l'expulsion des sans-papiers hospitalisés "sous contrainte". Nous relayons ci-dessous des extraits du communiqué de la Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale.

Bloc de la CGT ADDSEA

Contacté par LCI, le ministère de la Santé assure que cette circulaire a été retirée et évoque une "initiative malheureuse"... "Parmi les personnes prises en charge par vos service (...) quelques patients se trouvent en situation irrégulière et ont vocation à quitter le territoire national." C’est ainsi que débute une circulaire envoyée le 7 décembre 2017 par l’Agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et destinée à plusieurs directeurs d’hôpitaux psychiatrique de la région.

"Alors que la psychiatrie française subit dramatiquement les effets d’une politique destructrice et sans perspective où l’on voit se multiplier les fermetures de services de lits, où la souffrance au travail se généralise ainsi que les violences, des passages à l’acte viennent ajouter stupeur et colère à notre affliction.

Il y a quelques mois déjà, certaines ARS sollicitaient les soignant.e.s des hôpitaux psychiatriques afin de « repérer les patients radicalisés ». Dans un courrier daté du 7 décembre, l’ARS PACA demandait aux hôpitaux de la région, par le biais de l’encadrement, de faire signer à des patient.e.s hospitalisé.e.s sous contrainte leur notification d’obligation de quitter le territoire afin de la transmettre à la Préfecture.

C’est intolérable et inacceptable ! La Fédération Santé et Action Sociale CGT et sa Commission Nationale Psychiatrie dénoncent avec la plus grande vigueur de tels agissements.

Le 5 janvier 2018, face à la polémique, l’ARS PACA a annulé son courrier. Comment de telles initiatives sont-elles possibles ? Cela ne peut être que le reflet des orientations ministérielles. Nous ne saurions tolérer aucune atteinte, aucun compromis en matière de droits de l’homme et du citoyen.

Nous exigeons que des sanctions soit prises.

Comment peut-on parler de solidarité, de terre d’asile, d’humanisme, s’il est possible d’envisager l’expulsion de patient.e.s atteint.e.s de troubles graves, puisque hospitalisé.e.s sous contrainte ?

Comment notre système de santé peut-il garantir son indépendance et sa neutralité à l’ensemble de la population s’il est utilisé comme un service de renseignement ? "

Crédits photos : LP/OLIVIER LEJEUNE




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