Politique

Face à la répression !

Notre-Dame-des-Landes, le 8 octobre : « nous sommes là, nous serons là ! »

Publié le 7 octobre 2016

Ce samedi 8 octobre, toutes les composantes du mouvement de résistance contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes appellent à une grande manifestation sur la Zad. Un nouvel avertissement au gouvernement Valls, empêtré dans sa politique répressive.

Bertrand Achel

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Après la consultation, Valls avait promis une intervention à l’automne, afin d’entamer les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais le « référendum » censé légitimer le projet avait au contraire permis aux opposantEs de faire campagne. Au passage, l’État donnait raison aux opposantEs de contester ses arguments. La commission européenne en rajoutait une couche en exigeant, comme les opposantEs, de suspendre le démarrage des travaux pour prendre en compte l’ensemble du projet (accès ferroviaire et routiers) dans l’évaluation environnementale. D’où la révision en cours du Scot (Schéma de cohérence territoriale), qui pourrait être voté seulement début 2017.

Valls hésitation...

Vont-ils tenter d’expulser la Zad ? Les tergiversations du gouvernement laissent planer le doute sur le moment. À tel point que lors de son passage à Nantes le 27 septembre, Valls a carrément refusé de s’exprimer sur NDDL. L’expulsion promise de la « jungle » de Calais, où croupissent les réfugiéEs du monde entier, est devenue prioritaire…

Le gouvernement a toujours eu les moyens policiers d’intervenir mais en a-t-il les moyens politiques ? Le coût d’une répression aveugle, au risque de la mort d’un militantE comme celle de Rémi Fraisse à Sivens, n’est pas le même qu’en 2012, quand la formidable solidarité locale avait obligé les autorités à reculer.

Car le gouvernement Valls a fait de la répression sa marque de fabrique : après le mouvement des Bonnets rouges et la manifestation nantaise du 22 février 2014, la séquence ouverte par les attentats de Paris et l’état d’urgence ont considérablement réduit le coût politique de la répression. La répression massive des syndicalistes et manifestantEs contre la loi travail en témoigne.

Pour autant, le gouvernement est-il prêt à assumer le risque d’une confrontation ? Il s’est déjà privé du soutien des écologistes pour défendre les intérêts d’un de ces groupes capitalistes qui veulent la peau du dernier campagnol amphibie, du dernier arbre, de la dernière zone humide pour gagner encore et encore quelques euros de plus. Il s’est aussi aliéné une partie de la population sur l’autel sécuritaire, mais il sait qu’on ne rassure pas une population inquiète par la seule présence policière. Car c’est bien le chômage et ses ravages qui inquiètent la population, et sur ce point la consultation a montré que la promesse de création d’emplois par l’aéroport n’a pas convaincu autant qu’il l’espérait.

Nous garderons la ZAD !

Sur le fond, ce gouvernement pourrait donc être tenté de différer une intervention massive après des élections perdues d’avance, pour laisser la droite assumer le projet et ses conséquences. Valls pourrait se contenter de sauver la face par quelques coups de pioche en bordure de la Zad, sans l’évacuer.

Ce samedi, toutes les composantes du mouvement de résistance qui s’est formé autour de la lutte contre l’aéroport appellent à une grande manifestation sur la Zad. ChacunEs est invité à venir y planter un bâton pour dire qu’il reviendra au même endroit pour résister en cas de tentative policière d’évacuer les habitantEs historiques et les nouveaux occupantEs. « Nous sommes là, nous serons là ! », avertit le serment proposé à chaque manifestanE.

Les cortèges passeront symboliquement par le Liminbout, la Vacherit et Bellevue : autant de fermes qui sont la cible de gouvernement et qu’il faudra défendre.

Sur le terrain, les occupantEs se préparent, des stages de résistance s’organisent, un nouveau hangar se construit, autant pour organiser la défense collective que pour préparer l’avenir. Car la Zad appartient à celles et ceux qui y vivent, cultivent, travaillent à son avenir, loin des ­prédateurs capitalistes.