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Politique

Evacuation imminente

Notre Dame des Landes : vers une expulsion manu militari de la ZAD ?

Le 9 avril prochain, profitant de la fin de la trêve hivernale, le gouvernement souhaite entamer l'expulsion de la ZAD de Notre Dame des Landes. Face à un grand projet inutile qui a finalement été rejeté après des années de lutte, le pouvoir ne veut pas faire d'aveu de faiblesse en laissant la zone occupée illégalement. Pour ne pas se faire éjecter comme en 2012, ce sont pas moins de 2500 gendarmes mobiles qui seront mobilisés pour déloger... de 50 à 80 personnes.

2500 gendarmes mobiles pour évacuer la ZAD de Notre Dame des Landes et entre 10 et 15 compagnies de CRS sur Nantes et Rennes en prévision des manifestations de soutiens. C’est un dispositif policer et répressif de grande ampleur que compte déployer le gouvernement pour s’assurer la victoire contre la centaine, au grand maximum, de personnes à expulser de la zone agricole de Notre Dame des Landes. Mais c’est aussi une manifestation de crainte pour le pouvoir qui redoute, en cette période de tension sociale accrue avec la bataille du rail et le mouvement dans les universités, de se voir infliger la moindre défaite.

Abandonné le 17 janvier dernier, le projet d’aéroport n’en restait pas moins sous siège policer et de l’armée. En effet, quelques 200 militaires sont postés sur la RN 281 depuis l’abandon du projet pour surveiller les travaux de rénovation de l’axe routier. Ce recul du gouvernement Macron, qui avait pourtant pendant sa campagne affirmé sa volonté de faire respecter la consultation locale ayant tranchée en faveur de la construction de l’aéroport, ne devait pas se muer en aveu de faiblesse pour autant. Macron avait également promis l’évacuation de la ZAD. Il compte bien y parvenir même si cela reste impopulaire.

Quelques jours avant l’annonce du retrait du projet de construction de l’aéroport, le gouvernement avait fait planer de graves inquiétudes sur la ZAD avecle spectre d’une intervention de l’armée pour évacuer la zone de Notre Dame des Landes. Craignant des morts lors de cette intervention, le gouvernement avait dû reculer sans que la menace d’évacuer la ZAD de ses « éléments les plus radicaux », proférée par Gérard Collomb, ne disparaisse pour autant.

Ces « éléments les plus radicaux  » qui font peur au gouvernement devraient donc être « évacués » prochainement, comme le précise le gouvernement qui a désormais abandonné l’idée d’« expulser la ZAD ». Sur les 300 personnes occupant la zone, ils ne représentent que 50 à 80 individus. Cependant, l’affrontement entre les forces de répression et les quelques zadistes déterminés à rester sur les lieux inquiète le gouvernement en raison du pouvoir de nuisance qu’une démonstration de force trop explicite pourrait avoir sur l’opinion publique dans une période où la tension sociale est déjà élevée. Comme le souligne, Sylvain Fresneau, un des agriculteurs de Notre-Dame-des-Landes, cela « risquerait de remettre le feu aux poudres ».




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