Notre classe

Rassemblement Air France à Paris

« Notre état d’urgence, il est social ! »

Publié le 2 décembre 2015

Marah Macna et Damien Bernard

Devant le tribunal de Bobigny hier, plus d’un millier de personnes étaient réunies pour s’opposer à la répression qui touche les salariés d’Air France. A l’appel d’une large intersyndicale, le rassemblement a été marqué par la solidarité, contre les mensonges et les manipulations médiatiques opérées par le gouvernement et les dirigeants d’Air France, prêts à faire passer les salariés qui se battent pour des terroristes.

De nombreux secteurs, solidaires des travailleurs d’Air France en lutte

Malgré ce que dit la presse dominante, qui prétend que seules 300 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Bobigny, ce sont bien plus d’un milliers de personnes qui était présentes, malgré les chantages à l’état d’urgence que le gouvernement cherche à imposer aux secteurs en lutte. Travailleurs de l’aérien, postiers, hospitaliers, fonctionnaires territoriaux, inspecteurs du travail et bien d’autres, étaient venus témoigner de leur solidarité. L’ambiance n’était pas à la résignation, mais bien à la lutte : entre autres, les inspecteurs du travail étaient présents avec une banderole contre la répression qui touche ce secteur. La présence des postiers de Neuilly, en grève depuis 34 jours (certains jours à plus de 80 % !) contre les restructurations que veut imposer la direction, était également significative.
Dans chaque intervention faite au micro, c’est la violence réelle du patronat qui revenait : dans chaque secteur, des milliers de postes supprimés, des milliers de vies gâchées par le chômage. Une chemise déchirée, un patron un peu bousculé, et voilà que le discours dominant cherche à transformer la réalité : la violence, elle ne vient pas de nous ! Les CRS, présents nombreux devant la porte du tribunal, étaient là d’ailleurs pour nous le rappeler.

Le gouvernement tente de museler notre radicalité
Le tribunal a décidé, comme il l’avait annoncé, de reporter l’audience à plus tard, le dossier étant « trop épais » d’après les mots de la justice. Un mensonge de plus, pour éviter que le mouvement ne se radicalise, surtout au temps du grand barouf de la COP21. Il sera donc reporté au 27 mai 2015, histoire certainement que les choses se tassent pour le gouvernement… Pourtant, les licenciements à Air France ont commencé à tomber contre les travailleurs mobilisés, pour faire un exemple auprès des milliers de travailleurs qui se sont reconnus dans la colère exprimée par ces chemises déchirées.

Le gouvernement, par sa déclaration de l’état d’urgence, tente de museler notre colère et nos mobilisations, à l’image de la répression sans précédent de ce dimanche. Il tente, dans un autre registre cette fois-ci, de remettre au goût du jour le fameux « dialogue social » - à la mode état d’urgence. Négocier avec les directions syndicales pour encadrer au maximum nos manifestations, tel est son objectif, à grand renfort de CRS pour imposer du nombre et empêcher à la mobilisation de dépasser le cadre qui lui est fixé. Cela démontre, une fois encore, que son état d’urgence ne sert absolument pas à protéger les populations, mais bien à nous museler et à éteindre la radicalité qui s’est exprimée contre les représentants patronaux et la direction d’Air France.

Pour imposer notre état d’urgence social, convergeons contre la répression, les licenciements et leur état d’urgence

Notre état d’urgence, comme le disaient nombre d’interventions et de pancartes sur place, est un état d’urgence social, contre les licenciements et le chômage que nous imposent le gouvernement et le patronat. Pour maintenir leur système qui sème misère sociale, guerre et chaos, ceux qui nous gouvernent et nous exploitent en sont aujourd’hui réduits à nous opposer la répression, les perquisitions, les assignations à résidence et les violences policières, afin d’éteindre toute étincelle de mobilisation qui irait à l’encontre de leur politique de casse sociale et du désastre écologique auquel ils nous mènent. Leur état d’urgence a ainsi conduit plus de 300 de nos camarades de luttes en garde à vue pour avoir braver l’interdiction de manifester contre la COP21.

D’Air France à Notre-Dame des Landes et à la COP21, en passant par la Poste de Neuilly et l’AP-HP, nous devons, en toute indépendance du gouvernement et de l’encadrement qu’il veut nous imposer, défendre nos méthodes de lutte contre leur « dialogue social » façon état d’urgence, lutter pour nos droits et libertés démocratiques, contre leur état d’exception, pour nos emplois contre leurs licenciements, contre la dictature et la violence patronale.

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