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Notre classe

Du beau boulot, en effet…

« Nous avons fait notre travail ». Mailly, premier majordome du gouvernement et du MEDEF ?

Alors que le gouvernement présentait ses ordonnances ce jeudi, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a ouvertement assumé son rôle de collaboration étroite avec l’exécutif dans le détricotage du Code du travail. Et en plus, il en est fier !

Après avoir donné carte blanche à Emmanuel Macron ce mercredi, en renonçant ouvertement à la participation de Force Ouvrière aux manifestations du 12 septembre, Jean-Claude Mailly est allé encore plus loin ce jeudi, en marge de la présentation des ordonnances par le gouvernement Philippe, en affichant un franc soutien à l’exécutif. Certes, le secrétaire général de FO a annoncé sa volonté de « continuer à se battre sur les décrets, il estime que même si « tout n’est pas parfait », il pense avoir « fait [son] travail » !

Mis sous pression en interne par des appels FO à des manifestations locales le 12 septembre, y compris sur Paris, Mailly maintient malgré tout le cap, laissant entendre non seulement que le gouvernement Philippe serait plus à l’écoute des préoccupations des syndicats mais aussi que la réforme du code du travail voulue par Emmanuel Macron serait principalement bénéfique pour les travailleurs. Un tournant important par rapport à la position de Mailly au printemps 2016, et qui ne risque pas d’apaiser les tensions en interne de la centrale syndicale.

Jean-Claude Mailly, le « Laurent Berger » d’Emmanuel Macron ?

« Trois mois de concertation intenses, le rapport de force ne s’est pas exercé dans la rue mais dans les coulisses » a ainsi déclaré Jean-Claude Mailly pour justifier son positionnement vis à vis du nouveau gouvernement en place. Des propos qui font écho à ceux d’un certain Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, estimant que « le combat syndical ne se résume pas à la rue » pour justifier le non ralliement de la centrale au 12 septembre. Et si, concernant Berger, le quinquennat Hollande en général et le mouvement contre la loi travail en particulier nous a « habitué » aux positions de collaboration affichée avec le gouvernement de la part de la CFDT, force est de constater que Mailly est aujourd’hui un candidat sérieux au poste de laquais numéro 1 d’Emmanuel Macron.

Est-ce les liens étroits de la CFDT avec le Parti Socialiste, ou bien le discrédit réel auprès des travailleurs combatifs de la centrale qui amène Emmanuel Macron à miser davantage sur Mailly comme faire-valoir syndical de sa contre-réforme ? Sans doute un peu des deux. Il n’en reste pas moins que le résultat est sinistre pour les travailleurs.

En collaborant ouvertement à la destruction des acquis sociaux, Mailly est aussi à la pointe de l’affaiblissement d’un potentiel arc de résistance ouvrière. Force est de constater que la division règne en vue du 12 septembre. Pourtant, il faudrait une mobilisation XXL pour faire face à une loi travail XXL. Toutefois, la fronde règne en interne de Force Ouvrière, où des sections entières refusent la politique de collaboration de classe de Jean-Claude Mailly et appellent à la mobilisation. Le vrai boulot, il sera fait quand Macron aura remballé ses ordonnances. Pour cela il faudra la mobilisation, tou-te-s ensemble, quelles que soient nos couleurs syndicales, et dans la durée, contre la Loi Travail XXL. Et contre les traîtres qui la soutiennent.

[Crédit photo : L’Obs. François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT, et Jean-Claude Mailly]




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