Politique

Accompagné par la BAC de Cazeneuve

Nouveau meurtre policier. A Béziers, la police de Ménard fait sa première victime

Publié le 22 septembre 2016

Un nouveau meurtre policier. En centre-ville de Béziers, dans la nuit de mercredi à jeudi, un homme de 46 ans a été assassiné par les forces de Police. A l’image d’Adama Traoré, il semble que ce serait à la suite d’un plaquage ventral, que l’homme, déjà menotté, est mort, étouffé, sur le trottoir. Au total, ce ne sont pas moins de 7 de ces forces de police, qui ont trempé dans ce meurtre, parmi lesquels des membres de la police de municipale de Ménard, et de la police nationale et la BAC de Cazeneuve. Faisant le parallèle avec Adama, le collectif Urgence Notre Police Assassine réaffirme encore une fois justement qu’il y a bien « urgence notre police assassine et en toute impunité. »

Damien Bernard

Cette fois-ci, le scénario de ce nouvel assassinat, décrit par les forces de polices, semble corroboré par les caméras de surveillance. Tout commence vers 4h20, ce jeudi matin, quand la police de Béziers reçoit plusieurs appels téléphoniques de riverains se plaignant de « tapage nocturne ». L’homme de 46 ans aurait « dégradé les vitrines des magasins alentours », « vandalisé les voitures », il aurait aussi « hurlé », le tout « en caleçon, en courant pieds nus dans tous les sens. » Mais l’homme est un « colosse », « impossible à maitriser », il mesurait « 1m90 pour plus de 140 kilos ».

C’est alors qu’une voiture de la brigade anti-criminalité de Béziers arrive sur place, avenue Saint-Saëns, avec 3 policiers de la BAC à bord. A trois contre un, le gaz lacrymogène fuse déjà pour tenter « de maitriser » l’homme alcoolisé. L’homme aurait alors essayé « de s’enfuir », on se demande qui n’aurait pas eu le même réflexe contre trois hommes armés jusqu’aux dents ? Ne pouvant l’arrêter, les policiers appellent des renforts. Une seconde équipe de forces de police, dont des nationaux et municipaux, sont eux-aussi venus « porter assistance » aux policiers de la BAC, déjà à 3 contre 1.

Ce sont au total 7 policiers nationaux et municipaux qui interviennent et encerclent l’homme. C’est là, après une nouvelle utilisation de gaz lacrymogène, qu’un policier de la BAC aidé par les policiers municipaux a réussi à le ceinturer. L’homme a été maintenu plaqué au sol et menotté alors que 2 hommes le maîtrisent puis mis en position latérale de sécurité. Comme l’individu présente des difficultés respiratoires, la police alerte les secours et les pompiers. L’homme finit par s’étouffer et décède sur le trottoir à l’arrivée des secours.

Tel est le récit détaillé donné par les médias dominants de ce nouveau meurtre policier. Le discours donné par les médias est traversé de « justification » pour « dédouaner » les forces de police de ce nouveau meurtre. « surexcitation », « colosse », « fortement alcoolisé », « sous l’emprise de la drogue ». On peut noter l’absurdité et le grotesque toujours plus accentué de ces « faits aggravants », pour affirmer ensuite que « la piste de la mort accidentelle semble privilégiée ». Mais comme l’affirme le collectif Urgence Notre Police Assassine, « toujours les mêmes versions policières, pourquoi changer si ça fonctionne ? »

Une enquête de l’IGPN est ouverte et la victime sera autopsiée dans l’après-midi. Mais comme l’affirme toujours le collectif : « on est sauvé la police des polices qui dans 99% des fois enterre les affaires va enquêter. » En réalité, ce nouveau meurtre policier est une expression de plus qu’avec le tournant autoritaire du gouvernement et son état d’urgence, oser troubler l’ordre public, être alcoolisé, sous emprise de drogue, ne plus avoir conscience de ses actes, sur la voie publique est aujourd’hui suffisant pour être condamné à mort par la police.