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Politique

Pas de dépénalisation

Nouveau racket. Cannabis, vers des amendes de 150 euros

Impôts, taxes et amendes en tout genre ne font qu’augmenter. Ce sera bientôt surement le cas pour les fumeurs de cannabis, qui pourraient se voir infliger des amendes entre 150 et 300 euros selon les scénarios s’ils sont pris en flagrant délit sur la voie publique.

Crédits photos : © france3-regions.francetvinfo.fr

Le cannabis est loin d’être dépénalisé en France. En témoigne l’actuel débat sur les moyens que veut donner l’État à la police pour verbaliser les usagers de cannabis : si l’idée d’une contravention pourrait faire penser à une dépénalisation de l’usage de cette drogue, tous les soutiens d’Emmanuel Macron rappelle bien que ce ne sera pas le cas. Le but du gouvernement est simple : il s’agit de faire rentrer plus d’argent via des procédure simplifiées pour les forces de répression pour ce qui est des petits consommateurs, tout en renforçant l’arsenal répressif contre les trafiquants.

Tout d’abord, il s’agit, comme l’a martelé la communication élyséenne, de « maintenir l’interdit » : pour tous les consommateurs détenant moins de 5gr de cannabis sur eux, les différentes propositions veulent instaurer une amende, en enlevant le passage par la garde à vue et devant le juge. Le montant de cette amende est inconnu : aujourd’hui, la moyenne des condamnation par la justice est de 300€, mais le député des Républicains Robin Reda, rapporteur de la mission d’information sur les stupéfiant, veut ramener cette somme à 150€, pour diminuer les non-paiements. D’autres études, macroniennes cette fois-ci, évoquent des amendes allant jusqu’à 320€. En revanche, pour tous les « récidivistes » et les « trafiquants présumés », garde à vue et présentation devant le juge seront toujours d’actualité. Un moyen de garder la mains sur un des outils préférés de la police française, notamment dans les banlieues populaires, pour harceler les jeunes. Il s’agit donc d’un moyen de plus non seulement pour faire passer pour des criminels les usagers de cannabis, mais de surcroit pour les faire payer le plus possible !

Mais la logique gouvernementale ne s’arrête pas là : pour tous, il s’agit de « concentrer les efforts de la justice sur les trafiquants ». Une logique qui n’a jamais fonctionné, car au lieu de couper l’herbe sous le pied du trafic en légalisant, sous contrôle de l’État et des travailleurs, la production et la vente des drogues, elle renforce celui-ci et sa violence. Plus de répression contre les trafiquants va signifier avant tout une augmentation de la violence, entre trafiquants et policiers et entre eux la population, mais aussi entre trafiquants. Cette politique, loin de vouloir lutter contre la drogue, est surtout un moyen de maintenir une pression policière constante sur les populations supposées être au centre de ces trafics, à savoir les populations issues de l’immigration, dans les banlieues des grandes villes. Le maintien de la pénalisation du cannabis n’est, dans ce sens, que le pendant des innombrables contrôles au faciès, harcèlement policier et victimes de violences policières. Encore une fois, sous couvert de « progressisme », Macron déploie une politique de plus en plus répressive, raciste et stigmatisante.




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