Monde

Nouveau rassemblement à Barcelone contre la violence policière du régime marocain

Publié le 16 novembre 2016

Samedi dernier s’est tenu à Barcelone un nouveau rassemblement, en réaction à l’assassinat de Mohsin Fikri par un policier au Maroc, afin de protester contre la dictature du régime marocain. Nous en avons profité pour discuter avec Faouzi Hiba, l’un des organisateurs de l’évènement, pour qu’il nous explique plus profondément le processus de mobilisation qui a suivi le meurtre de Fikri. Des dizaines de personnes d’origine marocaine se sont rassemblées à Barcelone ce samedi pour montrer leur colère face au meurtre de Mohsin Fikri par la police à Al Hoceïma (Maroc).

Arsen Sabate

Faouzi Hiba, l’un de ceux qui ont impulsé, depuis Barcelone, les mobilisations de solidarité avec le peuple marocain, expliquait : « à la suite du premier rassemblement devant le consulat du Maroc, nous avons décidé d’organiser un groupe afin de donner plus de continuité aux actions de solidarité. Nous avons décidé de faire connaître plus en profondeur le cas de Fikri auprès des organisations politiques pour qu’elles puissent se joindre à cette lutte  ».

Pour cela, le rassemblement a eu lieu cette fois-ci sur la place Sant Jaume, entre les bâtiments historiques du Conseil municipal et de la Généralité de Catalogne [siège du gouvernement catalan]. Il a disposé de l’appui et de la solidarité de plusieurs organisations politiques comme Clase contra Clase et Lucha Internacionalista, ainsi que d’autres collectifs comme Papeles para todos, de même que des délégués des syndicats CCOO et UGT de territorialité.

Mohsin Fikri a été poursuivi et assassiné par la police pour avoir vendu à la sauvette un produit « illégal ». Il a été broyé par un broyeur d’ordures. Cependant, le motif de fond de son assassinat est la persécution des classes populaires par le régime marocain. «  Nous savons que la vente à la sauvette et autres sortes d’économie souterraine sont des stratégies de survie pour ceux qui n’ont pas d’autres revenus afin de faire face à l’augmentation du taux de chômage dans la population. Au lieu de régulariser ou d’appliquer des alternatives plus durables, les personnes sont poursuivies et cette manière de survie est punie. Cette politique démasque un gouvernement qui se présente comme « démocratique »  », dénonçait Faouzi Hiba dans le communiqué lu pendant le rassemblement.

Dans ce sens, Faouzi Hiba remarquait que « l’État marocain a une responsabilité indéniable dans le meurtre de Mohsin Fikri. Mais il est aussi coupable de la violence institutionnelle généralisée que les policiers appliquent, notamment envers les populations pauvres ».

«  Le cas de Fikri n’est pas un cas isolé », insiste Hiba. « C’est un cas qui reflète l’ambiance générale au Maroc où les gens sont très touchés par la crise économique, par la pauvreté, par la marginalisation. En attendant, c’est le régime qui bénéficie de cette situation. Le cas de Fikri vient révéler toutes ces contradictions que vit le Maroc et pousse les gens à dénoncer dans la rue toutes ces injustices. ».