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Société

Silence criminel de l’Église

Nouveau scandale d’agressions sexuelles commises par des prêtres

Ce lundi 20 mars, Mediapart a révélé 339 agressions sexuelles commises par des prêtres sur principalement des jeunes âgés de moins de 15 ans. Cette enquête d’un an révèle également le silence des évêques dans la confidence et la politique d’étouffement mise en place.

REUTERS/Alessandro Bianchi

Le scandale révélé par Mediapart ce 20 mars est sans précédent. Il est le résultat d’une enquête d’un an menée en collaboration avec l’émission « Cash Investigation » de France 2 et le collectif de journalistes indépendants « We Report ». Il sera diffusé le Mardi 21 Mars cette enquête sur France 2 et sortira un livre « Eglise, la mécanique du silence » (éd. JC Lattès) le lendemain.

Cette enquête se penche sur des agressions sexuelles commises par des prêtres français depuis les années 1960 jusqu’à nos jours. Elle révèle 339 victimes dans 17 diocèses de l’Hexagone mais également au Canada, en Suisse et en Guinée-Conakry. Parmi ces victimes recensées, 288 étaient âgées de moins de 15 ans au moment des faits et 165 seulement ont été entendues par la justice.

Au-delà du nombre de victimes cette enquête révèle la tactique d’étouffement des agressions mise en place par l’Église. 28 des 32 prêtres accusés d’agressions sexuelles ont été exfiltrés par les évêques, leurs supérieurs directs, dans un autre diocèse en Afrique ou en France lorsque l’agression a été commise à l’étranger. Aujourd’hui, la majorité des prêtres a été inquiétée par la justice, ou en tout cas visés par des plaintes, parfois closes en raison de la prescription dût au silence des évêques.

En France, 25 évêques auraient caché les agressions sexuelles commises par 32 prêtres. Cinq de ces évêques sont toujours en activité dont le cardinal Barbarin qui selon Mediapart a eu connaissance des agressions commises par cinq prêtres sans en aviser la justice. En cause également des évêques de Besançon, de Bayonne, du Mans et de la Fraternité Saint-Pie-X qui ont gardé le silence sur la confession des prêtres. La justice française reconnaît le secret de la confession en tant que secret professionnel à l’exception des maltraitances et atteintes sexuelles sur mineurs. Les 20 autres évêques incriminés par l’enquête pour des cas de non-dénonciation ne sont plus en poste ou décédés.




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