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Monde

De nouvelles colonies en vue pour l’Etat sioniste

Nouveaux meurtres. Deux adolescents tués par l’armée israélienne

Mardi, un colon israélien s'est fait tuer près de la colonie de Havad Gilad, où il résidait. Le lendemain, l'armée d'occupation israélienne investissait le secteur de Naplouse, près de la colonie et deux adolescents palestiniens ont été tués. Les dirigeants israéliens ont réagi en appelant à plus de colonisation et à plus de répression militaire contre les Palestiniens.

Crédits photo : Majdi Mohammed/AP/SIPA

Alors que les tensions ne sont pas complètement retombées dans les territoires palestiniens suite aux manifestations et affrontements contre la décision américaine sur Jérusalem-Al Quds, la situation connaît depuis deux jours une nouvelle accélération. Mardi, Raziel Shevach, un colon israélien, rabbin, résidant dans la colonie non-reconnue Havat Gilad, s’est fait tuer par un homme armé depuis une voiture. Le lendemain, l’armée d’occupation israélienne a bouclé la ville palestinienne de Naplouse et les villages voisins, à proximité de la colonie israélienne, instaurant un couvre-feu partiel. Lors d’affrontements avec des manifestants palestiniens, un adolescent de 16 ans a été abattu. Le même jour, un autre adolescent de 16 ans a également été abattu lors d’une manifestation à Gaza.

Vers un permis de coloniser et de tuer explicite

Lors des funérailles de Raziel Shevach qui ont attiré des centaines de personnes venant surtout des blocs de colonies israéliennes, le ministre israélien de l’Education, Nafatali Bennett, a déclaré, en réponse à la foule qui criait « vengeance ! », que « la seule vengeance c’est la construction », entendant la construction de nouvelles colonies. Plusieurs ministres israéliens ont, à l’initiative du Ministre de la défense d’extrême droite Avigdor Lieberman appelé le gouvernement à reconnaître la légalité de la colonie Havat Gilad, pour l’instant non reconnue par l’Etat. Cela permettrait aux pouvoirs publics de débloquer des centaines de permis de construire.

Mais l’appel à plus de colonisation n’est pas la seule réponse qui se dessine du côté de l’Etat israélien. Le ministre de l’agriculture Uri Ariel, interrogé mercredi par la radio Reshet Bet sur la déclaration du Hamas sur la possibilité de nouvelles roquettes, a déclaré que « le temps était venu pour les Palestiniens de mourir », déplorant que les attaques israéliennes sur la bande de Gaza font beaucoup de feu et de fumée mais peu de morts. Le cri de « vengeance ! » entendu par les colons lors des funérailles de Shevach est le slogan de la campagne de violence contre les civils palestiniens lancée il y a quelques années par les colons israélien de Cisjordanie.

Le journal israélien Haaretz rapporte le témoignage d’un Palestinien résidant dans le même village que le jeune manifestant tué mercredi en Cisjordanie : « Dans les affrontements précédents dans la région ces dernières semaines, il y avait beaucoup de blessés, les soldats ne semblaient pas tirer pour tuer. Aujourd’hui, c’est différent ».

Corruption et radicalisation du gouvernement israélien

Empêtré dans des affaires de corruption, le gouvernement israélien, fort de l’appui total de la diplomatie américaine, semble jouer la carte du tout-identitaire-tout-répressif. En répondant toujours plus favorablement aux attentes des colons, secteur le plus à droite, ultra-nationaliste et orthodoxe, de la société israélienne, il cherche à se consolider une base sociale, tout en voulant profiter d’un effet de choc après la mort de Raziel Shevach pour élargir ses soutiens. Alors que l’Autorité Palestinienne est paralysée en Cisjordanie et réduite à un appareil de collaboration sécuritaire avec l’armée israélienne, la détérioration de la situation humanitaire à Gaza effraie les dirigeants israéliens, qui craignent une explosion populaire à court terme.

Parallèlement, le gouvernement israélien vient d’annoncer que les 40.000 demandeurs d’asile originaires d’Afrique de l’Est, qualifiés « d’infiltrés » illégaux par les autorités israéliennes, devront choisir entre accepter de retourner là d’où ils ont fui avec une somme de 3 000 dollars ou d’être arrêtés et détenus indéfiniment dans un centre de rétention construit spécialement en plein désert du Negev-Naqab.




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