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Genres et Sexualités

L’extrême-droite et les violences faites aux femmes

Nouvelle campagne d’affiches : Ménard et la banalisation du féminicide

Après les campagne xénophobes, Robert Ménard, le maire d’extrême droite de Béziers, se lance dans l’apologie du féminicide. Ce lundi dans sa ville, une nouvelle campagne d'affiche en faveur du TGV à Béziers, une des affiches montre une femme ligotée sur des rails, hurlant à l'approche d'une locomotive, assortie du commentaire en lettres capitales « Avec le TGV, elle aurait moins souffert ! ».

Non, ce n’est pas un fake. Dès ce lundi, Robert Ménard a lancé sa nouvelle campagne d’affichage sur les murs de la ville ainsi que sur les réseaux sociaux. Dans l’objectif de réclamer l’arrivée du TGV dans la ville, il met en scène sur une affiche une femme attachée aux rails, hurlant à l’approche d’une locomotive. "Avec le TGV, elle aurait moins souffert !", peut-on lire sur l’affiche, sous-entendant qu’elle serait morte plus vite si un TGV l’avait écrasée. Une affiche qui a provoqué une forte indignation sur les réseaux sociaux, mais aussi une pluie de plaintes, dont certaines « pour apologie des violences faites aux femmes et du féminicide ».

Rappel des faits : une femme avait été assassinée dans les mêmes circonstances en juin dernier

Plus encore, avec cette affiche, comment ne pas faire le lien avec le meurtre d’Emilie, une femme de 34 ans, mère de 4 enfants, assassinée en juin dernier par son mari en l’attachant aux rails ? Avant de se suicider, percuté par le même train, l’homme avait l’attaché sur les voies. L’histoire était suffisamment abjecte et effroyable pour avoir fait le tour de la presse et des réseaux sociaux. Un féminicide de plus : la femme décédée ce matin-là fait partie des 117 victimes qui, le 25 novembre, avaient déjà été assassinées au cours de l’année 2017.

Selon Robert Ménard, il n’était pas au courant, comme il l’affirme dans son tweet.

Un féminicide qui pour Robert Ménard s’apparente donc à un « fait divers ».

Il poursuit en relativisant : « C’est de l’humour. Dans ce cas, il faut interdire Charlie Hebdo et brûler les revues Hara-Kiri », a réagi Robert Ménard, affirmant que l’affiche « fait référence à l’univers du western ». Sur Twitter le maire de Béziers a dénoncé des réactions "outrées et paranoïaques", qui "en disent long sur l’ordre moral qui plombe le pays".

Ménard le multirécidiviste

D’autres affiches sur le même thème ont été placardées dans la ville dont l’une avec le slogan : « Alors t’accouches ! ». On y voit un obstétricien qui tient dans ses mains une motrice de TGV avec en premier plan les jambes écartées d’une femme qui accouche. En septembre, le multirédiciviste, Robert Ménard avait déjà suscité la polémique avec une affiche utilisant la rhétorique des violences conjugales sur laquelle on pouvait lire : « L’État étrangle nos communes ».

Une nouvelle provocation deux semaines après la journée contre les violences faites aux femmes

Deux semaines après la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le 25 novembre, Robert Ménard, se permet de tourner en dérision les féminicides, alors même qu’en 2017, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France. En se moquant de femmes assassinées parce qu’elles sont femmes, Ménard diffuse l’idée que les féminicides ne sont pas un sujet sérieux et grave, les encourage et s’apparente à une apologie du féminicide et des violences faites aux femmes. Banaliser les violences ainsi c’est en quelque sorte se rendre complice des coups portés.




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