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Politique

La guerre est déclarée

Nouvelle idée en Macronie : des ordonnances pour imposer la réforme du rail 

« On ne change pas une équipe qui gagne ». L’adage vaut probablement aussi pour la méthode et c'est sans doute ce que Macron et son gouvernement se disent. En effet, après avoir imposé la loi travail XXL par ordonnances, la même stratégie pourrait être appliquée pour les réformes du ferroviaire conseillées par Spinetta.

Crédits photo : ERIC FEFERBERG / AFP

Pour l’heure, aucune annonce officielle du gouvernement sur un éventuel recours aux ordonnances pour imposer les réformes du ferroviaire préconisées par Spinetta. Néanmoins, sur BFM TV, Christophe Castaner, secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, a annoncé que, « bien sûr c’est une possibilité », ajoutant qu’ « il faut aller vite et il faut être efficace, les ordonnances sont une des façons ». Tout un programme.

Une éventualité qui n’a pas manqué de faire réagir jusqu’au sein des Républicains. En effet, Gérard Larcher, président du Sénat, a ouvertement accusé la méthode du gouvernement de « déni de démocratie parlementaire ». Une sortie qui démontre une certaine angoisse au sein des classes dirigeantes, alors que la colère monte chez les cheminots et les usagers et que la date du 22 mars est plantée dans le décor.

Il faut dire que la stratégie macronienne est à double tranchant. En effet, le gouvernement bénéficie d’une marge de manœuvre réduite et a besoin de l’appui de syndicats pour pouvoir imposer les réformes tout en évitant une contestation d’ampleur. Or, le communiqué publié ce jeudi par la CFDT, qui « menace » d’un mouvement de grève reconductible, est en ce sens un mauvais signal pour l’exécutif. Certes, le syndicat n’exige que la réouverture des portes du « dialogue social », mais une telle prise de position de la direction de la CFDT démontre que toute autre posture aurait été intenable, notamment en vue des élections professionnelles à la SNCF.

Alors que 56 lignes et 190 gares sont menacés, que le statut des cheminots est clairement dans le viseur et que Guillaume Pepy a dû monter au créneau pour affirmer qu’il lui semblait peu probable qu’un mouvement d’ampleur éclate, le gouvernement entend donc jouer le tout pour le tout. Une tactique qui a certes porté ses fruits jusqu’ici, mais qui reste potentiellement explosive alors que, dans le même temps, les contestations en milieu hospitalier et dans les universités pointent le bout de leur nez. Pour sûr, une mobilisation massive des cheminots pourrait conduire au premier test sérieux sur le terrain de la lutte des classes pour le quinquennat Macron. Pour cela, il faudra un plan de bataille clair et sans ambiguïté, pour le retrait sans condition des réformes du ferroviaire préconisées par Spinetta et visant à la convergence avec les autres secteurs en lutte.




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