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Politique

Grève du 10 octobre

Nouvelle provocation : le gouvernement reporte le "rendez-vous salarial" de la fonction publique

Alors que le gouvernement et les syndicats devaient se réunir ce mardi 10 octobre, raison pour laquelle la grève de la fonction publique avait été convoquée pour ce jour-là, le gouvernement a décidé de reporter le rendez-vous de quelques jours pour « permettre aux dirigeants syndicaux de prendre part aux manifestations ». Une provocation dans la forme qui ne cache pas au fond la crainte du gouvernement d’une jonction de la contestation.

Crédits photos : PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE / AFP

« Comme il y a un appel à manifester le 10 octobre, le ministre souhaite que les responsables syndicaux ne soient pas contraints de quitter la manifestation pour venir discuter  », a déclaré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. En effet, après le gazage des travailleurs de GM&S, qui manifestaient contre la venue de Macron sur leur site, et les déclarations postérieures du président, le gouvernement semble avoir décidé d’adopter une ligne provocatrice face aux opposants de ses réformes.

Certains dans la presse nationale saluent le soi-disant « discours de vérité » de Macron. Ils saluent en réalité son mépris de classe. Mépris de classe qui ne saura pas cacher l’inquiétude de ce gouvernement face à une montée de la contestation et un éventuel « tous ensemble » qui se construise dans la rue.

Les dirigeants syndicaux du secteur ont réagit avec indignation en déclarant que «  ce rendez-vous salarial était prévu à 10H30 alors que la manifestation parisienne est programmée à 14H00  ». Par ailleurs ils ont dénoncé le fait qu’ils ont été prévenus de ce report à travers la presse.

Cependant, ces manœuvres et provocations du gouvernement ne semblent pas pour le moment réussir à décourager les travailleurs. En effet, cette journée de grève et mobilisation, déposée très loin du 21 septembre, apparaissait comme une manœuvre pour diviser le mouvement de la part des directions syndicales ; elle participait de ces dates dispersées déposées depuis la rentrée, séparant le plus possible les travailleurs du privée et du public. Cependant, plus on s’approche du 10 octobre, plus le caractère de cette journée d’action ; elle devient de plus en plus interprofessionnelle, regroupant non seulement différents secteurs de la fonction publique (comme les médecins des hôpitaux qui appellent à la grève aussi le 10 octobre) mais aussi des salariés de certaines branches du privé.

C’est en ce sens qu’il a lâché du lest vis-à-vis des routiers, mobilisés depuis plusieurs jours. C’est dans ce cadre-là aussi qu’il essaye de faire cette manœuvre du report du rendez-vous avec les syndicats de la fonction publique sur les salaires : on ne peut pas exclure que dans le cas d’une mobilisation importante, avec un caractère interprofessionnel marqué, le gouvernement ne lâche quelques concessions aux fonctionnaires, comme avait fait Hollande lors de la lutte contre la Loi Travail 1, pour désactiver ce front.

Cependant, les contre-réformes du gouvernement dans le secteur public vont bien au-delà de la question des salaires. On parle de 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires pendant le quinquennat ; de la restauration de la journée de carence (mettant fin au remboursement de la première journée lors d’un arrêt maladie) ; l’augmentation de la CSG, une mesure fiscale qui va toucher surtout les travailleurs et les classes populaires au moment où Macon fait des cadeaux aux ultra riches.

Les soi-disant « négociations » du gouvernement ne cherchent qu’à légitimer ses attaques contre les travailleurs sous une enveloppe de « concertation ». Ces réunions sont impuissantes pour faire obtenir quoi que ce soit aux travailleurs. Ce gouvernement arrogant, antipopulaire, provocateur ne connait qu’un langage : le rapport de forces.

Cela implique une rupture radicale avec la logique du « partenariat social ». Contrairement à espérer des avancées dans les négociations avec le gouvernement, les directions syndicales doivent tourner le dos à ces pourparlers impuissants. Ce qu’il faut c’est construire un front uni entre les différents secteurs de la classe ouvrière, du public et du privé, avec la jeunesse, les chômeurs et les précaires, avec les populations des quartiers populaires. Un front uni qui discute d’un programme de lutte pour vaincre l’offensive gouvernementale et patronale, à travers la grève général reconductible jusqu’au retrait des ordonnances et des différentes attaques contre le monde du travail et les classes populaires.




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