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Politique

Grands projets au détriment des cheminots et des usagers

Nouvelles lignes grandes vitesse, train autonome… Le gouvernement réendette la SNCF !

La semaine dernière a été l’occasion pour la direction de la SNCF et le gouvernement de faire des grosses annonces pour le chemin de fer Français. Ouverture de nouvelles Lignes Grande Vitesse, train autonome… Les projets de la SNCF au lendemain de la bataille du Rail vers toujours plus de profit et la destruction du service public.

5 nouvelles Lignes Grandes Vitesse : le gouvernement veut réendetter la SNCF

Ce 11 septembre, le gouvernement annonçait la construction de nouvelles Lignes Grande Vitesse. Le projet prévoit la transformation en grande vitesse de cinq lignes : Bordeaux-Toulouse, Montpellier-Perpignan, Marseille-Nice, Paris-Le Havre et Roissy-Picardie.

Cette annonce est pour le moins contradictoire pour un gouvernement qui n’a cessé de répéter tout au long des trois mois de la bataille du Rail que la SNCF était trop endettée pour survivre, et que c’était aux cheminots de se serrer la ceinture, de faire des efforts, de renoncer à leurs acquis sociaux contre une reprise de la dette à hauteur de 35 millions d’euros, alors même que la grande majorité des cheminots étaient majoritairement opposés à cette capitulation. Pourtant, les cheminots n’ont rien à voir avec cette dette qui n’est que le fruit d’investissements faramineux pour des lignes à grande vitesse dans les années 1990, menés par les gouvernements successifs qui y voyaient un intérêt électoral plutôt qu’une amélioration du service public. Pourquoi alors qu’une partie de la dette a été reprise, le gouvernement décide donc d’endetter à nouveau le rail ?

Tout simplement car cette dette est un levier pour mener des contres réformes puissantes et dévastatrices sur un secteur combatif, un service public indésirable par les actionnaires qui cherchent toujours le profit. D’une pierre deux coup, c’est le moment de préparer le chemin de fer Français qui est la plaque tournante du ferroviaire en Europe Occidentale à l’ouverture à la concurrence avec des infrastructures qui permettent de faire rouler des trains à grande vitesse proche des frontières Espagnoles et Italiennes.

Alors que les lignes classiques n’ont jamais eu autant besoin d’être rénovées, le gouvernement met la priorité ailleurs, la ou les bénéfices peuvent être présents.

Train autonome dans 5 ans ?

Le 12 Septembre la SNCF annonçait envisager de faire rouler des trains autonomes d’ici 2023 pour les Transilien et le FRET. Ce qui paraissait totalement surréaliste il y a quelques années est proche de devenir une réalité. L’occasion pour la SNCF de concurrencer sur le marché mondial les japonais et leur train à sustentation magnétique, le MagLev (Magnetic Levitation), et les chinois qui travaillent déjà sur des trains grandes vitesse autonomes.

Dans ce plan d’action la SNCF présente donc son projet détaillé ainsi que les dates de prototypes, d’industrialisation et de déploiement. Ainsi que les GOA (Grade of automation, ou Niveau d’automatisation) aux nombres de quatre :

GOA 1 Conduite Manuelle et contrôlée
GOA 2 Accélération et Freinage automatisés
GOA 3 Conduite avec personnel à bord
GOA 4 Train totalement autonome

Selon le projet, au fil des années les trains seront de plus en plus automatisés. Une vraie hécatombe pour le métier de conducteur, qui va progressivement s’appauvrir, avant de disparaître complètement. Par ailleurs, ce projet de suppression des conducteurs à bord des trains arrive après le projet EAS (équipement agent seul, c’est-à-dire la suppression des agents à bord des trains, en dehors du conducteur), déjà mis en place dans de nombreuses régions, et qui avait d’ores et déjà dégradé le service public, laissant les usagers à l’abandon à bord des trains. Mais une nouvelle fois, ce projet permettra à la SNCF de ne plus subir la peur de grèves et de mener ses contre-réformes et projets dévastateurs en toute sérénité sans craindre les cheminots ni les usagers. Un projet rempli de promesses, des trains à l’heure en permanence, plus de trains, un discours classique et mensonger que l’on connaît tous et qui a été utilisé un nombre incalculable de fois lors de la bataille du rail.

On prend tout ce qui brille on vous laisse le reste !

Après la réforme ferroviaire, le gouvernement et la SNCF entament donc leurs projets, le tout grande vitesse, privatisation des lignes rentables, des machines qui remplacent l’homme au quotidien, des gares fantômes et des trains déshumanisés. Les lignes non rentables sont condamnées à la fermeture et la faillite. Les usagers des petites agglomérations seront totalement abandonnés avec tout d’abord 9000 km de lignes voués à disparaître. Il est évident que les cheminots et les usagers devront lutter ensemble pour conserver leurs emplois et leurs gares, trains et lignes, défendre l’idée d’un service public qui transporte équitablement sur tout le territoire dans un premier temps, puis défendre l’idée d’un service public totalement gratuit, pour permettre au plus grand nombre, à ceux qui travaillent souvent pour des salaires de misère, de pouvoir prendre un transport public de qualité.




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