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Politique

Applaudi par l'extrême droite...

Olivier Faure parle de colonisation inversée et révèle (encore) la vraie nature du PS

Invité sur France Inter jeudi 25 octobre, Olivier Faure, secrétaire du parti socialiste depuis mars 2018, a déclaré : « il y a des endroits où il y a des regroupements qui se sont faits génération après génération, et qui donnent le sentiment que l'on est dans une forme de colonisation à l'envers ».

A travers ces déclarations, Olivier Faure répondait là à un auditeur habitant de Villiers-Le-Bel (95) qui disait y avoir vécu la « discrimination anti-blanche ». S’il a ensuite cru nuancer en liant la « crise identitaire » aux problèmes sociaux, à la politique du logement et aux « ghettos où la mixité ethnique n’existe plus », cette rhétorique n’en reste pas moins applaudie par l’extrême-droite, Marine Le Pen et Louis Alliot se félicitant de cette « étincelle de lucidité ».

Parler comme le fait Olivier Faure, d’une « forme de colonisation à l’envers » pour désigner les travailleurs immigrés et leurs enfants qui habitent Villiers-le-Bel, c’est donc à la fois nier la réalité du fait colonial – qui a largement été accompagné voire piloté par le PS et son ancêtre la SFIO -, et relativiser le passé de la France ainsi que son actualité impérialiste et néo-coloniale. Les colons français en Algérie n’allaient pas vivre dans des cités HLM, barres d’immeubles surpeuplées et isolées, contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel. Les colons français en Algérie n’allaient pas vivre dans les quartiers où le taux de chômage était plus élevé que dans le reste du pays, contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel où en 2015 le taux de chômage atteignait 21,8% de la population active et 37,8% des jeunes, contre une moyenne de 11% dans toute la France d’après l’INSEE. De même, les colons qui s’installaient en Algérie profitaient des meilleurs emplois et avaient des rémunérations bien supérieures aux indigènes algériens contrairement aux habitants de Villiers-le-Bel où la moyenne des revenus mensuels des ménages était de 1363€/mois en 2015 contre 2159€/mois pour la moyenne nationale, plaçant Villiers-le-Bel parmi les 100 communes de plus de 50 ménages les plus pauvres en métropole.

On ne voit donc pas bien ce qui, à Villiers-le-Bel, ressemble à de la colonisation par les travailleurs immigrés et leurs enfants. Par contre ce que l’on peut voir dans cette histoire, c’est un Parti Socialiste mort-vivant qui, après toutes ses trahisons, cherche à reconstruire son électorat, quitte à employer un argumentaire raciste.

Photo : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP




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