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Omar Slaouti : « on sait dans les quartiers ce que la police fait du matin au soir »

Publié le 8 novembre 2016

Samedi 5 novembre se tenait la 3ème marche pour exiger la justice et la vérité sur la mort d’Adama Traoré, décédé dans les locaux de la gendarmerie de Beaumont sur Oise le 19 juillet dernier. Omar Slaouti, militant antiraciste, a fait une intervention remarquée, place de la République, pour dénoncer le racisme endémique de l’institution policière, son impunité, et les récentes manifestations de policiers qui revendiquent purement et simplement un permis de tuer.

« La manifestation a été belle, belle, parce qu’elle a essuyé nos larmes, avec la détermination pour la vérité et la justice pour tous ceux qui sont morts dans les mains de la police de ce pays. Et on va le dire très fort : on sait que les caméras sont très nombreuses lorsqu’il y a des manifs de flics ! Ces manifs où ils sont autorisés à manifester armés et cagoulés, sans déposer de préavis de manifestation… Eux ils peuvent travailler dans les interdits, eux ils peuvent travailler en étant au dessus des lois, eux ils peuvent même faire les lois en mettant des coups de pressions sur les gouvernements. Et les gouvernements baissent la tête devant ces syndicats de policiers.

Et bien à eux on leur dit, avec ou sans caméras, avec ou sans médias, notre force à nous c’est le nombre : au Havre, en Bretagne, à Lille, à Paris, à Strasbourg, à Toulouse, à Marseille, on est là !

On le sait dans les quartiers ce que fait la police du matin au soir. On sait que cette police vote à 70% Front National. On sait qu’elle est raciste. On sait qu’elle vise les noirs, les arabes, les roms, les musulmans en premier lieu. On sait aussi qu’elle manifeste aussi pour pouvoir taper, pour pouvoir tirer en toute impunité. Ils demandent la présomption de légitime défense : c’est-à-dire qu’ils demandent, alors qu’ils ont déjà la loi, la justice, avec eux, rien d’autre qu’un permis de tuer et que tu fermes ta gueule. Que tu puisses plus porter plainte quand tu perds ton frère, ta sœur, ton père, ton cousin…. C’est ça qu’ils veulent. Nous réduire à un état de sous-citoyens, alors que déjà on subit les galères du quotidien.

Et on doit le dire ici. Nos solidarités doivent être entières ou ne doivent pas être. Et si elles sont entières, ca veut dire que quand on frappe sur les migrants de Calais, il y a le cœur qui se soulève. On ne reste pas assis sur un canapé. Ce sont nos frères, ce sont nos sœurs, nos enfants, nos pères, nos mères, nos cousins, qui viennent d’Afghanistan, de Libye, de Palestine du Soudan, d’Erythrée de Somalie. Ce sont les nôtres. »