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Politique

Loi Travail XXL

Ordonnances. Laurent Berger « un peu déçu », mais résolument avec le gouvernement

Après la publication finale des ordonnances concernant le code du travail, les responsables syndicaux ont tenu à réagir. Pour Laurent Berger (CFDT), c’est une « petite déception », qui ne suppose en rien un appel à la mobilisation.

Crédits photo : AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)

« Ce n’est pas la casse du code du travail que certains ont annoncé »

C’est ainsi que Laurent Berger a réagi, dans une interview accordée au Monde, au contenu des ordonnances présentées ce jeudi par Edouard Philippe. Pour le secrétaire général de la CFDT, visiblement, faciliter les licenciements, via le périmètre des plans sociaux et par le plafonnement des indemnités prud’homales, réduire la capacité des représentants du personnel à protéger les employés, ouvrir la possibilité pour les patrons de négocier des accords d’entreprises même sans délégué syndical, et l’approfondissement de l’inversion de la hiérarchie des normes ; tout cela n’est pas une casse en règle du code du travail. Dès lors, on pourrait se demander ce que représentent ces ordonnances pour le patron de la CFDT ; une petite réforme à la marge ? des progrès sociaux ? Toujours au Monde, le leader de la centrale expose sa vision : « nous sommes déçus. […] Le gouvernement a raté le coche. Il y a une occasion manquée sur le renforcement du dialogue social et par ailleurs des dispositions négatives pour les salariés. » Voilà tout. La première offensive anti-travailleurs massive du quinquennat Macron ne serait qu’une « occasion manquée » de renforcer le dialogue social. Ce qui est sûr, c’est que tout le programme de concertations entre les syndicats et le gouvernement n’aura pas été une occasion manquée par la direction de la CFDT pour, encore une fois, lécher les bottes de Macron et de ses ministres.

Des petits désaccords qui ne valent pas le coup de descendre dans la rue

Si Laurent Berger parle « d’occasion manquée », il ne dit pas non plus qu’il est d’accord avec toute la réforme. Pour lui, de nombreux points sont des reculs pour les salariés : pour lui, la barémisation des indemnités prud’homales est une mauvaise chose, tout comme la fusion des instances représentatives du personnel, à propos de laquelle il s’inquiète des moyens alloués au nouveau conseil d’entreprise. Il se dit même être « dans une colère noire » à propos de la suppression des contrats aidés et de la baisse des APL. Cependant, tous ces motifs de colère sont loin d’être suffisants pour appeler à ne serait-ce qu’une manifestation. Pour lui, le débouché de cette « mobilisation syndicale » (on se demande de quoi il parle) est de « renforcer la présence des syndicats dans les entreprises », pas d’aller dans la rue. Son attitude, qu’il tente de justifier par des numéros d’équilibriste des plus impressionnants, ne revient qu’à une chose : être le principal allié de Macron et de ses réformes, et ce, qu’elles que soient leur contenu. Collaborer à tout prix, tel est le dogme de la direction de la CFDT, qui ne veut pas perdre son statut de premier collaborateur social des gouvernements libéraux. Un leadership obtenu sous Hollande et en particulier lors du mouvement contre la loi travail, mais qui est aujourd’hui contesté par Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, qui entend bien devenir le « Laurent Berger » d’Emmanuel Macron.

Cependant, si les dirigeants de la CFDT sont bien au chaud dans leurs bureaux du boulevard de la Villette, les syndiqués CFDT n’échapperont pas à cette réforme du code du travail. Et pour défendre leurs intérêts et leurs droits, une seule solution semble aujourd’hui s’imposer : manifester, le 12 septembre, aux côtés de la CGT, de Solidaires et des sections de FO qui appellent à la grève.




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