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Société

Église et pédophilie

Orléans. Procès d’un prêtre pédophile, après 20 de dissimulation par l’Église

Après plus de 20 ans de dissimulation par l’Église, un procès aura lieu contre Pierre de Castelet pour acte de pédophilie sur mineur de moins de 15 ans. La pédophilie au sein de l’Église catholique, une impression de déjà vu derrière cette affaire.

Crédit photo : JEFF PACHOUD / AFP

Ce mardi 30 octobre, Pierre de Castelet sera au centre d’un procès pour avoir effectué des attouchements sur mineurs lors d’un camp de vacances durant l’été 1993. Olivier, Philippe et Paul-Benoit ont décidé de témoigner contre ce prêtre qui, sous prétexte « d’auscultation médicale », les avait attouché il y a près de 25 ans.

En plus de ces trois victimes qui ont osé parler de ce que leur avait fait le prêtre Pierre de Castelet et se rendre au procès, trois autres garçons ont aussi témoigné et dénoncé le prêtre de les avoir attouché.

Le prêtre a déjà avoué les faits en 2012 alors qu’il était déjà ciblé par des procédures et était en garde à vue. Il confessa alors : « Il y a vingt ans, j’avais une attirance émotive pour les garçons de 11-13 ans. Je cherchais à entrer dans leur intimité, à être proche d’eux, mais toujours en étant gentil, sans les brusquer, et je ne me rendais pas compte du mal que ça pouvait leur faire. »

Pour cette raison, le procès sera surtout tourné cette fois-ci vers la dissimulation de ces actes par l’Église et par l’évêque alors en fonction à Orléans.

Entre 2002 et 2010, c’est André Fort l’évêque d’Orléans. C’est lors de sa dernière année de fonction, qu’Olivier (L’une des victimes du prêtre) lui adressa une lettre pour lui expliquer qu’il fut victime des attouchements de Pierre de Castalet, et qu’il lui est inadmissible de voir que le prêtre exerce toujours auprès de jeunes enfants. En effet sur le site web des Scouts d’Europe, le nom du prêtre est toujours présent dans les registres qui désignent les responsables du camps de vacances durant lequel les attouchements ont eu lieu. L’évêque promet alors à Olivier qu’il éloignera le prêtre des activités en lien avec les jeunes et lui fera passer un examen psychologique.

Ironie de l’histoire, Olivier se rend compte que le prêtre a dirigé en 2011 une conférence contre la pédophilie à l’Église au sein du diocèse d’Orléans. Face à cet outrage, il décide de renvoyer une lettre à l’évêque d’Orléans, Jacques Blanquart, qui a succédé à André Fort. Celui-ci dénonce le prêtre au parquet d’Orléans. Quant à André Fort, lui ne sera pas préoccupé par un procès avant 2017, sous la persévérance des victimes, le dénonçant comme coupable d’avoir essayé de protéger Pierre de Castelet.

L’ancien évêque d’Orléans a avoué qu’il était au courant des faits, tout comme les deux évêques l’ayant précédé. Leur silence a permis au prêtre Pierre de Castelet de continuer à perpétrer des actes pédophiles durant des années. L’évêque Fort, complice, est même allé jusqu’à se justifier en avançant qu’il ne pensait pas avoir d’obligation à dénoncer ce type de faits.

Les histoires de pédophilie et de leur dissimulation sont monnaie courante au sein de l’Église catholique. La très large enquête menée par Cash Investigation nous en fournit d’innombrables exemples. A l’échelle de la planète, l’immense majorité de ces actes commis par des figures d’autorité de l’Église, qui brisent la vie de milliers de gens, sont tus. Car cette institution met davantage d’énergie dans sa propre préservation que dans la protection des victimes de pédophilie.




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