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Débats

Congrès du NPA

PFZ : Dernier bilan de Congrès, pour l’unité de la gauche du parti

Début février se tenait le IV° congrès du NPA. Les militants du Courant Communiste Révolutionnaire, à l'initiative de Révolution Permanente, et des camarades d'une autre sensibilité du NPA ont défendu, au sein de la plateforme Z, un programme de rupture avec le projet de « parti large », pour un NPA ouvrier et révolutionnaire. Voici le dernier bilan du congrès pour l'unité de a gauche du parti.

Crédit photo : Photothèque Rouge / JMB

Cela peut sembler secondaire mais on ne peut pas dire que dans son dernier texte de bilan de fin de congrès « PfU, "Nous avons gagné le droit précieux de recommencer" », ladite PfU fasse preuve d’un sens aigu de la comparaison, de la proportion ou de la citation.

Après s’être présentée, au cours des AG de pré-congrès, comme la plateforme appelée à diriger le parti, la PfU a dû se confronter à la réalité des chiffres. Fidèle à son habitude, après une certaine assurance, elle a joué le coup de « l’unité », proposant des motions et une déclaration de fin de Congrès qui se seraient heurtées à un « Front du refus ». « Le Front du refus » fait référence (consciemment ?) à l’histoire de la gauche et de la droite du mouvement de libération palestinien. Le « Front du Refus » est un cartel d’organisations qui pêchera par sa désunion mais qui s’oppose frontalement, en 1974, à l’adoption du « programme en dix points de l’OLP » qui est considéré, alors, comme le début du « tournant modéré » d’Arafat qui aboutit vingt ans après à Oslo.

Pour ce qui est du sens de la proportion, la PfU insiste sur « une absence de majorité large » à la suite du Congrès. Mais l’adjectif est de trop : ni large ni exiguë, la PfU n’a pas de majorité du tout car elle n’a pas convaincu les camarades à prolonger la politique que mènent, en réalité, celles et ceux qui sont à la direction du NPA depuis 2009 et qui ne l’ont pas quitté, successivement, pour le Front de Gauche ou Ensemble.

Pour ce qui est du sens de la citation, c’est Une lente impatience qui est évoquée en titre et en conclusion du texte. En se satisfaisant d’être « la majorité relative », à savoir la première des minorités, la PfU s’adjuge, « comme le disait Daniel Bensaïd,
"(…) le droit précieux de recommencer" ». Dans le passage dont est extraite la citation, Bensaïd n’évoque pas un congrès perdu mais une période où, « depuis la fin des années 1990, le fond de l’air, sans devenir écarlate, a repris des couleurs », à savoir la séquence des premiers mouvements résolus contre la « restauration néolibérale » et de la lutte des classes. Mais d’actualité de la révolution, il n’a pas été question, pour la PfU.
Face à cette PfU incapable de convaincre et de proposer une orientation, le « Front du Refus » a néanmoins été égal à celui de 1974 : fractionné, divisé et offrant le spectacle consternant de son incapacité à se retrouver sur ce qui devrait être une orientation.

Au sein des deux autres principales plateformes qui composent l’ex PfA avec la PfZ (10,5%), à savoir la PfV (12,4%) et la PfW (16,6%), toutes deux ont poursuivi leurs marottes. Du côté de la Fraction-DR, c’est l’idée de maintenir, coûte que coûte, un appareil (le NPA, tel qu’il existe) sous couvert duquel construire sa propre fraction sur la base d’une intervention extérieure (politique qui était déjà celle de la Fraction avant son exclusion de LO). Du côté de AetR, le débat s’est notamment polarisé autour de la question du Front Social, une politique « à prendre ou à laisser », sans qu’il soit possible de tenter de se mettre d’accord sur une « orientation Front Social » qu’une majorité des délégué-e-s aurait pu voter. Nous y revenons dans une autre contribution.

Tout en étant persuadé-e-s que c’est sur le terrain de la lutte des classes qu’il est possible de vérifier, réellement, le degré d’accord que l’on peut avoir, nous n’avons pas déserté, à la différence des camarades de la PfW et, dans une moindre mesure, de la PfV, le terrain de la lutte politique, au cours de ce Congrès. Outre les motions et textes que nous avons cherché à présenter collectivement, nous avons fait une proposition de déclaration de fin de congrès à l’ensemble de l’ex PfA.

Au final, seules les PfT et PfY l’ont amendée et soutenue. Selon la PfX, il s’agissait d’un texte « additionnant les formules toutes plus révolutionnaires ». Sans doute vaut-il mieux qu’une addition de prises de positions souvent glissantes, voire conservatrices (sur la laïcité, l’islamophobie ou la sécurité et la police) qui nous ont été proposées par les (quelques) camarades qui ont défendu la PfX dans certaines AG.

L’ex PfA, qui avait la possibilité d’être majoritaire lors de ce Congrès, la seule façon d’entraîner au-delà de ses propres courants, aura à faire la preuve, dans les luttes mais aussi dans le combat politique, d’un peu plus d’audace et d’être en capacité de proposer une réorientation, urgente pour le NPA : pour le dire simplement, un NPA à l’image de la campagne Poutou, au profil un peu plus ouvrier et un peu plus révolutionnaire, c’est-à-dire un parti qui tourne la page des « partis larges » et des ambiguïtés vis-à-vis du néoréformisme (Syriza, Podemos, aujourd’hui Bloc de Gauche et, bien entendu, France Insoumise), condition nécessaire pour créer une dynamique militante et politique collective.




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