Société

Après Calais, Stalingrad

PHOTO. Histoire d’une évacuation annoncée

Publié le 4 novembre 2016

1 - Des mots d’ordre où c’est possible
2 - La vie des migrants continue après des rafles
3 - La vie des migrants continue après des rafles
4 - Les migrants tuent lemps sous leurs tentes
5 - Misère propre-té de Paris
6 - Le campement de Flandres toujours vivant, même après les raflles
7 - Rassemblement de soutien aux réfugiés
8 - Rassemblement de soutien aux réfugies
9 - Rassemblement de soutien aux réfugies
10 - La policesurveille le rassemblement de soutien aux réfugies
11 - Jeudi matin, les refugiés dorment sous les tentes
12 - La police passe devant les refugiés et les reveille à 6h30
13 - La police se gare pas loin du camp
14 - La propreté de Paris nettoie la zone du camp
15 - évacuation du camp
16 - évacuation du camp
17 - évacuation du camp
18 - arivé des cars
19 - Une cigarette partagée
20 - On dort debout
21 - L’attente
22 - Les réfigiés ne savent pas où ils doivent aller, mais ils se font pousser quand-même
23 - Il faut attendre encore
24 - Le karma des flics - Un CRS sort sa gazeusse mais elle explose sur son visage - ça fait mal ?
25 - Les boucliers
26 - Comme du bétail - il faut s’assoir devant les boucliers
27 - Comme du bétail - Une femme qui soutien les refugiés traduit avec un mal-être évident les ordres des flics
28 - Comme du bétail - La police choisie qui d’entre les bons élèves asssis par terre à le droit de monter dans les cras
29 - Comme du bétail - Et qui doit encore rester par terre
30 - Comme du bétail - Le réfugiés ne savent plus si s’asseoir ou se lever et la tension monte
31 - Comme du bétail, mais grondés par Monsieur l’agent
32 - Laissez nous monter dans les cars
33 - Un pirate
34 - Il faut vérifier que les tentes soient vides
35 - Il faut vérifier que les tentes soient vides
36 - Les hommes passent, les affaires demeurent
37 - Les hommes passent, les affaires demeurent
38 - Avant la police
39 - Après La police
40 - Affaires des réfugiés = poubelle
41 - Affaires des réfugiés = poubelle

Après le démantèlement de la « jungle » de Calais, tous les regards se sont posés sur le campement de Stalingrad à Paris. Autour de 3000 migrants s’entassaient sous leurs tentes installées sur l’avenue de Flandre ou sous le Métro à Stalingrad et Jaurès.

Photos et texte / Martin Noda

Après le démantèlement de la « jungle » de Calais, tous les regards se sont posés sur le campement de Stalingrad à Paris. Autour de 3000 migrants s’entassaient sous leurs tentes installées sur l’avenue de Flandre ou sous le Métro à Stalingrad et Jaurès.

Régulièrement la Police – sous l’excuse des conditions sanitaires du campement - organisait une rafle. Lundi dernier n’a pas été l’exception, mais dans l’après midi, la vie dans le camp continuait avec « normalité ».
Mercredi soir un rassemblement en soutien de réfugiés a été organisé, surtout face à la menace d’évacuation. Cette évacuation n’a pas eu lieu jeudi matin. Mais la police a profité et elle a fait un petit tour vers 6h30 du matin, gyrophares et sirènes allumés pour réveiller tout le monde. Ils ont garé leur camionnettes sur un pont pour se monter et, à l’aube, sont repartis comme si rien n’était. L’évacuations a bien eu lieu vendredi matin. La Police a réveillé tous les réfugiés à 5h30, les a fait sortir manu militari des tentes, les a rassemblés dans une nasse géante à l’attente d’un car qu’il les amènerait dans un centre de loisirs à Cergy-Pontoise.
Cette évacuation s’est déroulé dans une relative calme, surtout parce que les migrants voulaient partir du camp et monter dans le cars. Et la police avait sûrement des ordres pour que tout ce passe « bien » - au delà de la présence des photographes qui poussent les flics à ne pas trop taper. Mais même avec cette volonté - et ces ordres –, même en essayant d’être « gentils » ou humains – ou au moins le plus qu’un agent armé au service de la bourgeoisie peut l’être – ils traitaient les réfugiés comme du bétail. Il les ont fait attendre, les ont fait monter dans des bus de façon complètement anarchique, les ont poussé et maltraité dès qu’ils ont commencé à désespérer pour monter dans les bus. Ils les faisaient s’asseoir par terre, se relever : Les bons élèves montaient dans les cars, les autres continuaient à attendre. Leur mépris était donc plus fort que leurs efforts pour ne pas violenter un réfugié. Et ça, c’est même pire. C’était de la « bienveillance » raciste et méprisante, la « bienveillance d’un maître envers son chien ».
Mais me Karma existe. Les réfugiés poussaient un peu pour essayer de se rapprocher des cars. Les CRS avaient peur de se voir débordés par une foule qui ne voulait que faire rapidement ce que les autorités leur demandaient de faire très lentement, sous la pluie, le froid, et avec la fatigue d’une nuit écourté par les autorités. Un CRS sort sa gazeuse, mais elle explose dans sa figure. Ça fait mal ?
Une fois tous les réfugiés montés sur les cars, la police part et la mairie de Paris nettoie le camp, en jetant les affaires qui restaient à la poubelle. Si la misère existe, il faudrait qu’elle soit invisible... ou à Cergy-Pontoise.