Politique

Petites manœuvres d’avant vacances

PS. Le Macron, il part ou il reste ? Et la « gauche » du parti ? Elle plie ou elle se couche ?

Publié le 8 juillet 2016

Après le non-événement de la non-candidature de Nicolas Hulot, c’est le ministre-banquier qui est sous le feu des projecteurs. Il reste ou il part ? Il annonce sa candidature pour 2017 ? Par-delà les supputations, il est intéressant d’observer, en miroir, le positionnement de celles et ceux qui sont censés être « la gauche » du parti et qui, à nouveau sur le 49.3, ont sauvé la mise à Hollande.

Jean-Patrick Clech

La rupture annoncée devrait avoir lieu le 12 juillet, histoire de voler la vedette à François Hollande avant son discours du 14 juillet. C’est du moins ce que croient, dur comme fer, les partisans du ministre-banquier, qui le pressent de sortir du bois.

Macron devrait réunir le 12, à la Mutualité, 2000 de ses « partisans 2.0 », marcheurs et autres suiveurs (en ligne) de son « ni droite, ni gauche ». C’est alors qu’il pourrait annoncer sa sortie du gouvernement. Le Canard Enchaîné n’a pas manqué de souligner que, pour cette grand-messe, Macron a choisi la Mutu, gérée par l’entreprise lyonnaise GL Events, proche du parrain du ministre, le maire de Lyon Gérard Colomb, qui a d’ailleurs chargé GL Events, présidée par Olivier Ginon, président du club de rugby lyonnais, de rénover le stade Gerland. Indépendamment de la « mission providentielle » dont Macron s’est senti investi en rendant hommage à Jeanne d’Arc, il n’oublie pas non plus que, de façon très prosaïque, les bons comptes font les bons amis. Pour draguer large, Macron s’est d’ailleurs produit la semaine dernière avec sa femme, le très royaliste Stéphane Bern et le très rien-du-tout-Johnny Halliday aux 88 ans de la très chiraquienne Line Renaud. Il ne manquait qu’Annie Cordy pour que la fête soit complète. Si avec ça il ne remporte pas les sympathies des téléspectateurs de Télématin…

En miroir, il est assez amusant d’observer comment se comporte la « gauche » du PS. Pour l’instant, en dépit de l’œuvre consciencieuse de démolition du Code du Travail opérée par Hollande, elle reste dans un parti qui n’a vraiment plus grand-chose de « socialiste » (si tant est qu’il ne l’ait jamais été, depuis sa refondation par un homme de droite, en 1971, à Epinay). Seuls Pouria Amirshahi, Bernard Lesterlin et Dominique Chauvel ont quitté le groupe socialiste de l’Assemblée. Les autres, humiliés par Valls, restent accrochés à leur fauteuil comme si cela était synonyme d’investiture pour 2017. Une belle leçon de courage politique…

Plus terre-à-terre encore, les aubrystes. C’est déjà la maire de Lille qui avait sauvé la mise de l’Elysée, le 11 mai, en exigeant que ses troupes ne signent pas le projet de motion de censure qui a étonnamment stagné à 56 noms sur les 58 requis. C’est la même manœuvre qui a joué mercredi. En attendant, il paraît que Aubry s’est rabiboché avec Hollande pour que ce dernier fasse pression sur le questeur de l’Assemblée et le sous-secrétaire aux Sports pour qu’ils ne s’opposent pas à l’investiture de François Lamy, dauphin de la maire de Lille, aux législatives de 2017, dans le Nord. Si ça ce n’est pas de la cuisine politicienne…

En attendant, Macron avance, la droite durcit le ton et Le Pen se sent pousser des ailes, comme en témoigne sa dernière interview pour Valeurs Actuelles. Comme aurait dit Nanni Moretti, avec une gauche pareille, pas étonnant que Berlusconi (ou sa version française) ne l’emporte…