Notre classe

500 intérimaires recrutés chez PSA Sevelnord pour le K0

PSA. Après les suppressions d’emplois, c’est la précarité qui explose

Publié le 5 septembre 2016

Comme à son habitude, PSA fait mine de créer des emplois. Mais en réalité, la seule chose que fait l’entreprise, c’est développer la précarité. Et là, pour le lancement de nouveau véhicule à Sevelnord, le K0, ce sont 500 précaires qui sont recrutés pour le 22 septembre 2016, créant ainsi un équipe de nuit, avec différents contrats intérimaires et contrats de professionnalisation. Comme partout dans le groupe PSA, aucune embauche en CDI n’est prévue, puisque la politique de groupe n’est pas le CDI mais la précarisation des emplois pour mieux pouvoir démonter et viré le surplus de salariés sans contrainte.

Vincent Duse

Sevelnord comme partout chez PSA, ce sont des suppression d’emplois

Le site de production de Sevelnord, qui emploie 2000 salariés, a vu ses effectifs baisser, notamment du côté des CDI. Entre 2010 à 2015, ce sont pas moins de 800 CDI qui ont été supprimé et 100 pendant les 12 dernier mois, et voici qu’aujourd’hui avec le nouveau véhicule, la direction va créer une équipe de nuit avec presque que des intérimaires – certes quelques CDI, mais triés sur le volet –, la généralité étant des précaires, comme nous l’avons vu sur le site de PSA Mulhouse avec la mise en place de l’équipe SD. Au bout de 6 mois, tous les 650 précaires ont été licenciés .

Précarité, bas salaires et dégradation des conditions de travail

Et pourtant, tous les feux sont au vert. Chez PSA en 6 mois, ce sont 1,2 milliard de bénéfice, et dans le même temps, plus de 17 000 emplois ont été supprimés alors que la production est passée de 860 000 à 1 million de véhicules. Ceci avec toujours moins de salariés pour faire le boulot et des cadences toujours plus élevées, ce qui veut dire supprimer des postes de travail et faire des gains de productivité, engraissant ainsi les actionnaires parasites et augmentant encore plus le salaire de Carlos Tavares qui est déjà passé de 7 500 euros par jour à 14 500. Et demain, combien ?
En tout cas, le salaires des ouvriers, lui, n’a jamais été aussi bas...

Combattre la précarité et organiser les précaires, une priorité pour la classe ouvrière

Aujourd’hui d’ailleurs, le patronat le dit très clairement, et dans les usines nous le constatons également : les emplois précaires explosent, même dans les entreprise comme PSA qui croulent sous les milliards. Pour une raison simple, c’est bien une politique de capital que de ne pas embauchez en CDI et avoir toujours un vivier de travailleurs précaires, aux salaires très bas, qu’ils peuvent utiliser selon leurs propres volontés, pouvant ainsi imposer des conditions de travail pénibles puisque limitées dans le temps. En somme, une stratégie visant à entretenir une population de salariés plus difficile à défendre et à organiser dans l’industrie.

Et pourtant, c’est bien l’objectif vers lequel il nous faut tendre, puisque demain le prolétariat sera très précarisé. Et si nous voulons créer des liens et mener la lutte au sein de la classe, comme nous le voyons déjà dans l’automobile, comme à Renault Flin ou les intérimaires sont plus nombreux que les CDI, nous devrons rester vigilant et dénoncer cette stratégie, tout en favorisant systématiquement l’union face à la division.

La précarité n’a pas lieu d’être, elle ne sert que le patronat. Certes, nous pouvons faire des campagnes pour l’embauche massive en CDI, mais il s’agit aussi et surtout d’organiser les précaires, qui vont passer d’usine en usines, pour que la lutte se développe et mette un terme à la division de notre classe en fonction de notre contrat de travail. Nos intérêts sont les mêmes qu’eux si demain nous voulons mettre en échec le patronat et ne pas perdre tous nos acquis. Cette voie constitue du moins la meilleure alternative pour gagner.

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