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Notre classe

Témoignage ouvrier

PSA Caen. Pendant que les actionnaires s’engraissent, les salariés baignent dans l’huile

Les photos publiées sur la page Facebook de la CGT PSA Caen donnent l’impression d’une usine laissée à l’abandon. Le sol, les machines et les documents de travail de cette usine du groupe automobile “star du CAC40” sont couverts d’une huile foncée tombée du toit.

Pourtant, à défaut d’abandon, 1200 ouvriers y travaillent bel et bien nuit et jour, dans des conditions à peine croyables. “Depuis des années, les bâtiments se dégradent et les vapeurs d’huiles ne sont pas aspirées à cause du manque d’entretien des systèmes d’aspiration” nous confie un ouvrier. “Du coup, quand il y a un changement de température, ça condense et il pleut de l’huile… il y a 15 ans, quand j’ai commencé à bosser sous les tôles, dès que la direction implantait une nouvelle ligne, ils refaisaient systématiquement la charpente : nettoyage et peinture. Implanter des nouvelles lignes dans des bâtiments aussi vétustes, ca me dépasse… mais au-delà de ça, le plus grave c’est que ces vapeurs d’huile, quand on ne les prend pas sur la tête, on les respire ! Sans parler des risques de chute…”

“Pourtant, quand tu entends parler la direction, ils vendent limite du rêve, en se vantant dans les médias du fameux compactage de l’usine”, poursuit-il. Le “compactage”, c’est ce procédé mis en oeuvre par PSA dans plusieurs usines du groupe pour augmenter ses profits, consistant à vendre des terrains et bâtiments en densifiant les lignes de production conservées, tout en flexibilisant la main d’oeuvre. A Caen, les 3/4 du site ont déjà été vendus, et les ouvriers ont été regroupés dans un unique bâtiment dont l’état laisse à désirer. L’usine est censée bénéficier de 66 millions d’investissements dans le cadre d’un projet de “modernisation” qui devrait aboutir en 2020. Mais à voir les conditions dans lesquelles travaillent les ouvriers aujourd’hui, on comprend la logique générale de PSA qui vise à engraisser ses actionnaires pendant que les salariés baignent, eux, littéralement dans l’huile.

“Le pire, c’est qu’on se fout de notre gueule. Au dernier “point comm’”, la direction a écrit noir sur blanc qu’il y avait une baisse de nettoyage dans les ateliers. Comme si c’était de la responsabilités des ouvriers, alors que la direction cherche toujours à économiser un maximum et refuse de mettre la main à la poche, au détriment de notre santé. Ce n’est pas un simple nettoyage qu’il faut là, c’est un nettoyage de la charpente et surtout l’installation d’un système d’extraction digne de ce nom !”

La CGT s’est empressée d’écrire un mail à la direction, resté à ce jour lettre morte, et a également envoyé un courrier à l’inspection du travail. 24 heures sont passées et les ouvriers attendent toujours…




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