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Edito

PSA, Pimkie : Face à cette déclaration de guerre, le mouvement ouvrier doit opposer un véritable plan de bataille !

A l’occasion des fêtes de fin d’année, les grands groupes industriels français ont voulu faire un cadeau à leurs salariés : des plans de licenciements. Que ce soit Mulliez avec Pimkie ou Tavares chez PSA, ces attaques ne sont que les premières d’une longue série. Contre cette toute première série de licenciements en masse, applications directes des ordonnances Macron, ce dont il s’agit, pour les organisations du mouvement ouvrier, c’est d’opposer un véritable plan de bataille pour faire bloc contre le patronat encouragé par le gouvernement.

Les premiers plans de licenciements permis par la loi travail XXL

C’est en quelque sorte le patronat qui joue avec ses nouveaux cadeaux de Noël offerts par le gouvernement : coup sur coup, Pimkie (groupe Mulliez, Auchan) et PSA Peugeot Citroën ont annoncé des plans de licenciements concernant respectivement 200 personnes et un nombre indéterminé pour le second. Dans les deux cas, c’est une nouvelle procédure qui va être utilisée par le patronat pour effectuer ces licenciements : c’est la « rupture conventionnelle collective ». En septembre dernier, nous pointions déjà que cette procédure allait être « l’arme de choc des ordonnances ». L’outil permet en effet aux entreprises d’organiser des licenciements basés sur le « volontariat » (on connaît en réalité les pressions et les chantages qui permettent de tels licenciements), sans passer par un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi), et qui imposait un certain nombre de contraintes au patronat (droit à un contrat de sécurisation professionnelle, propositions de reclassement, actions de formation et de soutien aux employés licenciés…). Ces ruptures conventionnelles collectives vont donc être un moyen de licencier en masse ; Pimkie l’a bien compris et compte ainsi supprimer 200 postes sous prétexte que l’entreprise est en difficulté.

Lutter pour exiger le retrait des plans de licenciements

Ces plans de licenciements ne sont que les premiers : d’autres suivront, d’autant plus que de nombreux groupes ont attendu la publication des décrets d’application des ordonnances pour lancer leurs attaques contre l’emploi. Pour ce qui est de PSA, la direction veut un plan social veut extrêmement rapide. « Deux réunions sont prévues le même jour. La direction de PSA veut aller extrêmement vite », à compter du 1er février, a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT PSA. « C’est inacceptable pour la CGT, on s’y opposera fermement », a-t-il affirmé. « Il faut arrêter l’hémorragie des suppressions d’emploi chez Peugeot, ça ne peut plus durer », a-t-il ajouté.

De leur côté, Force Ouvrière et la CFDT, dans la continuité des politiques collaborationnistes ouvertes de Laurent Berger, et désormais de Jean-Claude Mailly, ne s’opposent pas aux plans de départs en eux-même : Christian Lafaye, de FO ne notait « rien de nouveau sous le soleil » et ne redoutait pas de plan de départs massif car « c’est difficile d’aller plus bas ». Pour la CFDT, il n’y « a pas de problématique particulière, sauf éventuellement sur les conditions financières de départ », selon Franck Don. En somme, de nouvelles déclarations qui sous-entendent qu’aussi bien FO que la CFDT pourrait bien apposer leur signature à l’accord.

Face à Macron, la nécessité d’une réponse offensive de notre classe

Les suppressions d’emplois chez Pimkie et PSA ne concernent pas que les salariés de ces deux entreprises : le patronat cherche là à faire des tests, pour voir comment il peut nous licencier plus globalement et facilement. Face à ces attaques, il faut donc répondre à l’échelle de toutes les entreprises, dont tous les salariés sont concernés par ce nouveau glaive qui plane au dessus de leur tête. Si seul, la CGT PSA refuse de signer cet accord qui vise à massacrer l’emploi, pour l’heure, aucun plan de bataille sérieux n’a été ne serait-ce que sous-entendu par la CGT. En ce sens, ce n’est qu’un communiqué timide qui a été pour le moment publié par la CGT. Une réaction, pour l’heure, largement insuffisante de la CGT, alors même que ce plan de licenciement est un enjeu politique pour le patron du groupe PSA et du gouvernement. Si ce plan de licenciement passe, c’est un signal pour l’ensemble du patronat pour attaquer l’ensemble de notre classe. Ainsi, il est de la responsabilité des directions syndicales, à commencer par la CGT, de préparer cette riposte, et d’empêcher que le patronat licencie à tour de bras. Ils sont dans les starting-blocks ; empêchons le grand patronat et Macron à leur service, de lancer la course aux licenciements.




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