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Répression syndicale

PSA Poissy (78) : Répression et méthodes de gangster

Publié le 19 octobre 2016

Les annonces de fermetures de sites et suppressions de postes se multiplient dans tout le pays, alors que la répression sévit contre les salariés de Goodyear. À l’usine de PSA Poissy, deux militants CGT (dont 1 délégué) sont menacés de licenciement, et 4 autres syndiqués CGT de sanction, dont le secrétaire du syndicat. Ils risquent jusqu’à 10 jours de mise à pied.

Correspondant

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Au montage, le long des lignes de production, la menace d’accident est permanente. Une quinzaine de DGI (dangers graves et imminents) y ont été déposés : stockage sauvage de caisses posées à terre, risque de projection d’étagères de pièces sur des salariéEs. La direction ne faisant toujours rien, les militants CGT ont pris l’initiative d’actions contre l’insécurité le 13 et le 27 septembre.

Lors de la seconde journée, la direction s’était préparée, et a fait venir un huissier et tout un encadrement qui a multiplié les provocations verbales et physiques. Deux membres de la direction ont volontairement poussé un support de pièces contre un délégué CGT qui a fait une chute et a été évacué à l’hôpital. Il en est ressorti avec plusieurs jours d’arrêt. Au moment où l’encadrement jouait les gros bras, un délégué CHSCT de FO (le syndical pro-patronal local) est venu constater la situation. Face à ce délégué qui n’avait pas compris que sa place était à la niche, un membre de la hiérarchie lui a demandé de dégager et l’a publiquement menacé. Paniqué, le délégué FO a fait un malaise et a été, lui aussi, évacué par les pompiers.

Suite à ça, la direction s’est empressée de demander à ses cadres de jouer les blessés imaginaires et d’accuser 6 militants cégétistes d’entrave au travail et de violence.

Attention danger !

Ces agressions de la direction ne sont qu’une partie d’une offensive plus générale. Le but est de vider notre usine au maximum sans la fermer. Sur les 5 500 salariés du site qui croulent sous la surcharge, la direction voudrait en virer encore 1 500 à court terme. La direction investit pour supprimer des postes et réduire la superficie du site : notre sécurité, c’est le cadet de ses soucis. Et malgré les alertes, les accidents sérieux se multiplient ces dernières semaines. En septembre, une cariste est décédée après avoir fait un malaise. Souffrante au volant de son car au vu de tous, la hiérarchie, obnubilée par ses objectifs de productivité, ne l’a pas démobilisée. Et les moyens d’intervention d’urgence, déplorables sur le site, ont retardé encore les secours.

Cette attaque contre les syndicalistes CGT ne fait que préparer la suite : suppressions de postes, externalisations, précarisation, baisses de salaire, flexibilité renforcée… le tout aggravé encore par les derniers accords de compétitivité signés en juillet. Après les deux mois de mobilisation contre la loi travail qui ont fait beaucoup discuter dans l’usine, la direction prévoit ses prochains coups en essayant de couper les têtes qui dépassent. Une pétition en soutien aux collègues menacés a déjà recueilli 1 100 signatures dans l’usine, et des débrayages auront lieu cette semaine.

Défendre nos camarades menacés, c’est nous défendre tous pour faire ravaler à la direction ses projets, son arrogance, et ses méthodes mafieuses.

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