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PSA-Poissy : 9 militants CGT condamnés à 5 mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Versailles a rendu mercredi 20 décembre sa décision dans le procès intenté par la direction de PSA-Poissy contre 9 militants syndicaux CGT de la boite : 5 mois de prison avec sursis et 11 000 euros de préjudice à verser au représentant de la direction pour avoir discuté pendant 17 minutes dans le bureau d’un chef. Une discussion qui relève pour la direction de PSA-Poissy d’une « séquestration ». En vérité, c’est une opération d’intimidation et de criminalisation syndicale qu’a intenté la direction de PSA-Poissy, et qui a été tout bonnement appuyée par la justice.

Les faits remontent au mois de février 2017 : des militants CGT PSA-Poissy interpellent un chef d’équipe dans son bureau pour défendre un salarié de retour de congés maladie et dont les droits ont été bafoués. La discussion aura duré 17 minutes. Pour ces faits là, la direction de PSA-Poissy décide de porter plainte pour « séquestration et violences psychologiques en réunion » contre les neuf salariés concernés. Les salariés en question sont interpellés, passent 9 heures en garde à vue, avant d’être convoqué au tribunal correctionnel.

Le rendu de décision du tribunal correctionnel de Versailles interpelle. Non seulement il va dans le sens de la direction de PSA-Poissy en validant ses accusations, mais il montre le visage d’une justice à deux vitesses. La CGT PSA- Poissy rappelle une autre affaire dans laquelle « la direction de PSa Poissy après avoir été reconnu d’homicide involontaire suite à un accident mortel du travail d’un salarié en septembre 2017, vient d’être condamnée, ce mois-ci à payer seulement 50 000 euros d’amende. […] Pas de peine de prison. »

Comme le souligne J-P Mercier dans le communiqué de la CGT PSA-Poissy, la direction a depuis plusieurs mois « aggravé sa politique de répression contre les militants CGT en allant sur le terrain judiciaire » dans une volonté de criminaliser la contestation syndicale et de dissuader la résistance face aux mesures qu’elle s’apprête à prendre comme la généralisation de l’overtime – « allongement du temps de présence quotidienne de 20 minutes pour imposer 10 minutes de travail supplémentaires » et la « mise en place de contrat à temps partiel pour l’équipe de nuit avec une perte de 400 euros par mois ».

A Poissy comme à Mulhouse, en passant par Sochaux et Rennes, la direction de PSA, véritable dictature patronale, fait tout pour criminaliser les militants syndicaux combattifs au moment même où elle souhaite profiter des nouvelles possibilités ouvertes par la loi travail 1 et 2 pour augmenter les cadences, la productivité, et l’exploitation de ses salariés… qui génèrent un très fort mécontentement et qui pourraient tôt ou tard s’exprimer de manière massive.




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