Notre classe

Chantage patronal

PSA-Rennes : plus de production contre flexibilisation et baisse de salaire ? Stop au chantage !

Publié le 21 juin 2016

Par Vincent Duse

A grand renfort des médias à la solde du patronat, la PDG du groupe PSA a annoncé l’attribution d’un nouveau modèle pour le site de Rennes. 100 000 véhicules à produire au lieu de 60 000, d’accord. Mais 100 postes supplémentaires, tous en statut précaire.

Voilà un chantage odieux pour les salariés. L’accord qui vient d’être signé à Rennes par toutes les organisations syndicales sauf la CGT consiste à appliquer, de manière anticipée, la loi travail d’El Khomri sur l’usine de La Janais. Contre un gel des salaires pendant 3 ans, des primes revues a la baisse, et le remplacement des départs à la retraite par 100 emplois précaires, la production sur le dite devrait être augmentée avec l’attribution de la construction de la citröen SUV. C’est la nouvelle manœuvre réservée par la direction à ses salariés. Plus de production sous couvert de plus de précarité pour les salariés. De quoi rêver alors que l’usine de PSA-Rennes de La Janais a déjà subi de nombreuses attaques.

Cette dernière évolution s’inscrit dans une dynamique et des projets pour le groupe. En ce moment même, se déroulent des discussions au niveau de PSA pour imposer une nouvelle attaque sur l’ensemble du groupe. Son nom, des plus prometteur, « un nouvel élan pour la croissance » en dit long. En réalité, la direction a fait du centre de Rennes de La Janais son laboratoire et veut désormais aligner tous les sites sur son niveau.

Cette mesure n’est ni plus ni moins qu’une loi El khomri a la sauce PSA. Non seulement les heures supplémentaires seraient uniquement majorées et payées qu’à partir d’un certain nombre d’heures inatteignables mais cela va également avec le passage a une nuit partielle payée comme en équipe de doublage – c’est-à-dire bien moins – pour les usines terminales.

Cette attaque a lieu alors que le groupe génère des milliards et que son PDG a doublé son salaire. Les salariés, eux, devront encore faire des efforts pour que les actionnaires s’enrichissent alors même que la famille Peugeot s’engraisse à coup de suppression d’emplois, qui s’élèvent à près de 17 000 postes supprimés lors de l’accord précédent, le NCS 1. Entre ce nouvel accord et la loi El Khomri, encore dans les tiroirs du gouvernement, c’est un véritable massacre qui s’annonce si la classe ouvrière ne prend pas les devant pour défendre ses intérêts .

Ce que nous voyons a Rennes risque de devenir légion parmi les rangs des salariés de PSA, de ses sous-traitants et d’ailleurs. Et cela se passe avec l’aval du gouvernement qui va encore financer, via la région Bretagne, a hauteur de 25 millions les bénéfices du groupe qui croule déjà sous les milliards .

Mais les salariés ne sont pas dupe de ces manœuvres. Sous les gains de productivité, il y a des ouvriers qui n’en peuvent plus des cadences infernales, et qui se rebiffent comme a Rennes où il y a eu un débrayage contre la mise en place de la nuit partielle. Et partout, sur le groupe, des réactions très déterminées, comme à Mulhouse où plus de 1000 grévistes, et près de 600 pendant le dernier arrêt de travail, où à Valencienne avec plus de 250 grévistes et un blocage du site, se sont opposés à la loi travail et ses implications pour les salariés de PSA.

De plus, ce chantage à l’emploi est également un leurre. À chaque fois que le groupe PSA créé des emplois, ils sont précaires. C’est pourquoi, nous devons avoir un politique pour organiser la résistance avec les plus précaires, tout comme refuser tout plan de suppressions de postes.

Dans la situation actuelle, nous avons la possibilité de vaincre l’arrogance patronale. La situation politique a été modifiée ; la lutte des classes fait rage dans tous les secteurs, et nombreux sont ceux, en particulier parmi les rangs des révolutionnaires, qui s’attachent à organiser et à mettre en lumière notre force en tant que classe.

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Mots-clés PSA