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Politique

Rupture conventionnelle collective

PSA : Une attaque en règle et encore des wagons de suppression d’emplois

Le boulevard qu'offre Macron avec les ordonnances, et la loi anti-ouvrière, dite loi travail, va encore donner pleins d'idées au patronat. Celle qui fait beaucoup parler d’elle à l’heure actuelle dans les médias de la presse dominante, c’est la rupture conventionnelle collective qui se rajoute à tous l'arsenal déjà existant. Elle entre en vigueur en 2018.

Crédits photo : Site Auto Plus

Pourtant, il est important de préciser que le patronat n’aura pas attendu la loi travail pour imposer déjà 25 000 suppressions d’emploi chez PSA, et pas moins de 10 000 intérimaires dans les usines du groupe. Dans le même temps, le groupe PSA ne s’est jamais aussi bien porté avec des profits en hausse qui avoisinent les 3 milliards d’euros, cela dans les pires conditions pour l’ensemble des salariés qui eux sont saignés à blanc avec des conditions de travail d’un autre siècle, avec une production annuelle de 860 000 véhicules à 1 million de véhicules, tandis que c’est un recul immense pour les travailleurs qui sont les seuls à créer les richesses. Les vautours du grand patronat, des actionnaires à la solde de la famille Peugeot, font payer à tous le prix de leur profit. C’est en ce sens que ne pas signer un tel accord anti-ouvrier est une chose mais le combattre au travers d’un plan de lutte pour gagner en est une autre et ce doit être la priorité dans toutes les usines de PSA ainsi que chez les sous-traitants.

La rupture conventionnelle collective, de quoi s’agit-il ?

Pour tenter de se repositionner au sein de la concurrence internationale, la politique de PSA et des grands groupes vise à accentuer la politique qui vise à faire toujours plus de profits. En ce sens, les différents gouvernements ont gratté les acquis du mouvement ouvrier, petit à petit, et Macron y a ajouté sa touche personnelle en faisant paraître dans le journal officiel du 22 décembre l’ordonnance relative à la rupture conventionnelle. Celle-ci va permettre à PSA de supprimer des emplois à moindre coût sans de aucune justification, ni même l’obligation de mettre en œuvre tout un arsenal de procédure, notamment de reclassement ou de primes de départs. C’est le droit à licencier sans la moindre justification qui est de mise, alors même qu’il faut préciser que Tavares le PDG du groupe PSA a déjà largement flexibilisé les usines du groupe et précarisé les secteurs où règne le travail à la chaîne avec des cadences infernales, où les intérimaires sont majoritaires, avec des salaires moins élevés et un risque plus grand de ne pas être renouveler en fin de mission au moindre écart. C’est une véritable dictature patronale, d’autant que les CDI ne sont plus qu’une minorité, et bien souvent une population vieillissante, qui n’aspire qu’à partir en retraite anticipée. Par ailleurs, ils sont remplacés par des précaires et bien souvent ils ne sont même pas remplacés car les postes sont supprimées. Bientôt, il faudra être un sportif de haut niveau pour tenir les postes de travail tellement c’est la course.

Les malades et les handicapés dans le viseur de PSA

Une autre conséquence de pouvoir faire des plans via les ruptures conventionnelles collective c’est de se séparer des victimes des mauvaises conditions de travail, les détruits de l’exploitation. Le patronat veut licencier le handicap, qui pourtant est la conséquence de la politique de PSA dans les usines.

Mais heureusement, tout ira bien…il y aura une vraie négociation avec les partenaires sociaux !

En effet à partir du 9 janvier, c’est l’ouverture des discussions sur ce nouvel accord, qui devrait s’achever en février 2018, donc on pourrait penser que cela serait le fruit d’un accord. L’idée est encore une fois est de s’appuyer sur les syndicats, notamment ceux comme FO et la CFDT qui collaborent ouvertement avec Macron. Ces derniers au niveau du groupe PSA sont déjà sur le point de vouloir signer un nouveau recul. Seule la CGT a déjà annoncé clairement qu’elle ne signera pas le texte, le fameux dialogue social. Pourtant, sans rapport de force, il n’est pas possible de remettre en cause le projet du patronat, sans même aucun contrôle de la base ouvrière. Aujourd’hui, la véritable question à se poser est comment nous opposer à l’application concrète des ordonnances, mais aussi de tous les accords qui ont déjà été signé, qui permettent à PSA de nous faire travailler presque gratuitement les samedis, de bloquer nos salaires et d’embaucher massivement en CDI dans les usines. Tout cela, nous ne le ferons pas dans une salle de réunion mais en militant dans les ateliers. Les reculs ne se négocient pas, ils se combattent.

Le silence assourdissant des confédérations syndicales

Depuis la parution au journal officiel, les médias n’ont cessé de communiquer sur la question des ordonnances. Mais mis à part les syndicats CGT du groupe PSA, les confédérations font profil-bas. Aucun communiqué n’est paru, hormis une timide condamnation. Aucune position claire n’a été prise, alors que le patronat s’apprête à détruire des milliers d’emplois. Face à ce silence assourdissant des confédérations, il s’agit pour les équipes syndicales combatives de se mettre sur le pied de guerre pour unifier et mettre un plan de bataille à la hauteur, dans chaque usines ou services, que l’on soit ouvrier, précaire et dans la sous-traitance, tout le monde va être touché et c’est bien ensemble et coordonnés qu’il faudra y répondre. C’est la meilleure façon pour interpeller et exiger des directions confédérales un véritable plan de bataille à la hauteur de cette déclaration de guerre.




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