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Avant même que la grève ne soit reconduite…

PSA Valenciennes. Pour un piquet de grève, la direction envoie 19 salariés au tribunal !

Publié le 27 mai 2016

Jeudi soir, 19 salariés de PSA Valenciennes ont reçu la visite d’un huissier venu leur délivrer une convocation au tribunal pour le lendemain, vendredi à 10 heures. Leur « crime » ? Avoir osé tenir un piquet de grève, dès 4h du matin, filtrant ainsi les entrées.

Damien Bernard

À l’appel de la CGT PSA, de nombreuses usines étaient paralysées ce 26 mai, contre le nouvel « accord compétitivité » que la direction du groupe PSA souhaite imposer, mais aussi contre la loi Travail. Cette convocation préalable au tribunal de 19 salariés n’est ni plus ni moins qu’un saut supplémentaire dans la tentative d’intimidation et de répression patronale.

Convocation au tribunal pour un piquet de grève !

Après une journée de grève, jeudi soir, c’est une visite pour le moins express pour 19 salariés de l’usine PSA Trith-Saint-Léger. Un huissier est venu chez eux leur délivrer une convocation au tribunal pour le lendemain, vendredi à 10 heures. La direction voulait expulser les grévistes et ses piquets, qui sont une des conditions vitales pour le développement de la grève illimitée, notamment pour faire face à la répression, qu’elle soit patronale ou gouvernementale.

Pourtant, les grévistes avaient levé le siège dès 15 heures ce jeudi. Le dossier a donc été radié. Ce vendredi matin, au tribunal de grande instance de Valenciennes, la procédure intentée par la direction de l’usine PSA de Trith-Saint-Léger n’a donc pas fait long feu. La direction voulait expulser les grévistes au plus vite, d’où cette procédure en référé, l’objectif étant de casser la grève avant même qu’elle ne s’ancre dans la durée.

Dès la première journée, une atteinte au droit de grève !

Il est deux choses avec laquelle la direction du groupe de PSA ne transige pas. La première, comme toute grande entreprise qui se respecte, les profits qu’il faut accumuler sur le dos des salariés. La seconde, qui lui est directement liée, c’est la casse de tout embryon de tentative des salariés et des précaires pour former une lutte visant à s’opposer à sa politique de casse sociale.

Dès la première journée de grève, c’est une atteinte au droit de grève, teintée d’intimidation, que la direction a employé. « Au moment où ils ont délivré les assignations,rappelle Me Kappopoulos, l’avocat qui défendait les 19 salariés et l’union locale CGT, cela porte atteinte au droit fondamental des salariés de faire grève. En faisant ce type de procédure, la direction attise la colère. » Et cela alors même qu’il n’y avait « pas de blocus »,explique Cédric Brun, délégué CGT.« Les camions passaient sur le côté. Il n’y a pas eu d’impact sur les approvisionnements à cause du blocage », ajoute-t-il.

Pour le retrait de la loi Travail, mais aussi un travail pour toutes et tous !

Alors même que de nombreux secteurs stratégiques entrent dans la bataille contre Hollande et sa loi Travail, cette nouvelle offensive répressive de la direction de PSA vise à éviter toute montée en puissance d’un début de contestation qui pourrait s’avérer explosif, dans le secteur de l’automobile. Cela est d’autant plus dangereux qu’après des années de colère accumulée, de gel des salaires, de suppressions de poste, de souffrance au travail et de précarité imposée, les travailleurs n’ont qu’une envie, c’est d’en découdre, notamment face à ces « accords de compétitivité », qui n’ont servi que la poche de la direction de PSA.

Face à la direction de PSA, dont l’État est actionnaire, c’est bien la question de l’amplification de la lutte, en lien avec d’autres secteurs qui seront nécessaires pour non seulement retirer cette loi Travail, mais plus largement poser la question d’un emploi pour tous, l’embauche des précaires, et intérimaires, à travers la baisse du temps de travail, pour un partage entre toutes et tous.