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Politique

Forte répression contre la jeunesse

ParcourSup : 27 lycéens déférés au parquet pour une éventuelle mise en examen

Le soir de la manifestation du 22 mai, 40 mineurs ont été placés en garde à vue. Aujourd'hui, 27 lycéens sont déférés devant un juge pour une éventuelle mise en examen. Cette répression est des plus politiques et vise avant tout à casser les premiers soubresauts de mobilisation des lycéens contre ParcourSup.

Le 22 mai dernier était une journée particulière : si l’ensemble de la Fonction Publique s’est retrouvée dans la rue pour dénoncer les prochaines réformes prévues par Emmanuel Macron, des milliers de lycéen·ne·s attendaient avec impatience les premières réponses données par la nouvelle plate-forme ParcourSup.

Suite à la dispersion du cortège parisien, plus d’une centaine de personnes, composée notamment de lycéen·ne·s, s’est dirigée vers le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, en vue d’investir l’établissement pour s’y réunir. Les forces de l’ordre, dans la logique de répression du mouvement social, ont procédé dans des conditions scandaleuses à 128 interpellations, dont 40 mineurs, suivies d’une garde à vue. Mais alors que le cadre « légal » oblige « l’officier de police judiciaire [à informer] immédiatement les parents du placement de leur enfant en garde à vue dès le début de la mesure »(1), les familles n’ont même pas été averties des arrestations de leurs enfants, ne sachant pas où ils se trouvaient au cours de la nuit. Des parents et des élèves se sont rassemblés mercredi, en fin de journée, devant le lycée Arago pour protester contre les interpellations. Aujourd’hui même, 27 lycéen·ne·s sont présenté·e·s au parquet en vue d’une éventuelle mise en examen.
La Ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, avait déclaré vouloir « remettre l’humain dans le processus d’orientation » avec la loi ORE : étrange conception de « l’humanité », dans un pays où la criminalisation du mouvement social est à l’œuvre, et où l’on n’hésite pas à mettre en garde à vue et à déférer devant un juge des jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir.

Car oui, la jeunesse a raison et a tout intérêt à se mobiliser, lorsque l’on voit les premiers résultats de ParcourSup, véritable fiasco pour une plate-forme pensée et mise en place en quelques mois, quand APB (Application Post-Bac), - loin d’être parfaite – a été instauré après des années de discussions auprès des personnels du secondaire et du supérieur.

Au matin des arrestations, Frédérique Vidal déclarait que « la moitié des lycéens devraient […] avoir une ou plusieurs propositions » (2) le soir même. Vision cynique du verre à moitié-plein, il serait préférable de dire que la moitié des lycéen·ne·s de France se retrouvent sans affectations, alors que les épreuves du baccalauréat approchent à grand pas. Au moment où Mme Vidal assurait son service après-vente sur les ondes, des établissements scolaires mettaient en place des cellules de soutiens psychologiques, afin de prévenir un soutien aux jeunes désemparés ; cynisme encore.

Et alors que, assidûment, la Ministre défend l’écriture des lettres de motivation (3), soi-disant symbole de « l’humanisation » et de l’égalité de traitement face à la sélection, des lycéen·ne·s stupéfait.e.s ont publié leurs lettres ubuesques – et donc non-lues - après acceptation de leur candidature dans des filières sélectives ; cynisme toujours.

Ainsi, les lycéen·ne·s doivent maintenant prendre les choses en main, à l’image des jeunes mobilisé.e.s à Toulouse qui ont bloqué ce matin les lycées Stéphane Hessel et des Arènes, pour protester contre les premiers résultats de ParcourSup. C’est en organisant leur lutte et en rejoignant les autres secteurs mobilisés qu’ils pourront assurer un accès à l’Université ouvert à toutes et tous.

(1) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1469
(2) France Inter. 22 mai 2018
(3) https://twitter.com/VidalFrederique/status/994828834393481219




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