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Jeunesse

Loi Orientation et Réussite des Etudiants

Parcoursup : 7 millions de vœux et près de 900 000 étudiants à trier

7 millions de vœux et plus de 887 600 prétendants : c'est un record en terme de nombre de vœux total par rapport aux années précédentes. Cela signe aussi la mise en place de la sélection officielle à l'entrée à l'université ainsi qu'une charge de travail immense pour les personnels des universités.

7 millions de vœux...

Jeudi 15 mars, le ministère de l’Enseignement supérieur dévoilait les chiffres de la première session de Parcoursup, la plateforme pour postuler dans l’enseignement supérieur remplaçant Admission Post-Bac (APB). Ainsi, pendant cette première phase, ce sont 666 000 élèves de terminale ; 122 600 étudiants en réorientation et 99 000 autres candidats (en situation particulière : inscrits à l’étranger, etc) qui ont participé à cette nouvelle procédure.

Issu du Plan étudiants de Macron et de la loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE), Parcoursup était présenté comme un moyen de mettre fin à la loterie qu’était APB, mis en place pour départager les étudiants. APB reposait sur le principe de vœux que le postulant classait. On ne pouvait voir qu’une réponse à la fois. Si la fac répondait positivement au premier vœu on pouvait quand même refuser et alors on voyait la réponse de la deuxième fac mais avec le risque que les autres vœux soient refusés. Avec Parcoursup, ce sont sur la base d’attendus que les futurs étudiants seront désormais départagés... ainsi que sur des CV et des lettres de motivation !

… et autant de sélection !

Une certaine sélection sociale s’est toujours opérée à l’université, où par exemple on ne retrouve que 10,8% d’enfants d’ouvriers pour 30% d’enfants de cadres (alors que parmi la population des 18-23 ans, on compte 29,2% d’enfants d’ouvriers et 17,5 d’enfants de cadres). Cependant, jusqu’à aujourd’hui, obtenir son bac signifiait, normalement, avoir une place garantie à l’université.

Si Parcoursup a été plusieurs fois décrié (prenant en compte le classement des lycées pour choisir les candidats, dissuadant les bacheliers technologiques de postuler à l’université, etc), c’est la logique générale de la loi ORE que de mettre en place de manière officielle la sélection dans l’enseignement supérieur, les attendus et autres lettres de motivations étant des critères permettant de faire un tri qualitatif et quantitatif entre les prétendants à l’enseignement supérieur.

Une surcharge de travail pour les personnels

Il y a quelques mois, le SNESUP, syndicat de l’enseignement supérieur, avait calculé : « c’est au minimum 18 000 temps pleins d’enseignement qu’il faudra mobiliser pour cette mesure, à offre de formation constante, et sans prendre en compte l’évolution du nombre d’étudiants » pour mettre en place cette sélection et l’accompagnement personnalisé prévus dans le Plan étudiants.

Or, l’état d’esprit des universités depuis plusieurs années n’est pas exactement à l’embauche, mais plutôt à la baisse ou à la stagnation des budgets tandis que le nombre d’étudiants augmente. La mise en place concrète de cette sélection va donc représenter une surcharge de travail énorme pour les personnels de l’université chargés de réceptionner et de trier ces demandes d’admission, alors même que ces derniers sont déjà en sous effectif.

Le 15 dans la rue, le 22 on continue !

Jeudi 15 mars, les étudiants ont défilé dans les rues de nombreuses villes de France aux côtés des travailleurs et travailleuses des EHPAD, une première étape vers la convergence des tous les secteurs attaquées par Macron. Le 22 mars, étudiants, lycéens, retraités, travailleurs de la fonction publique et cheminots prendront ensemble la rue. C’est contre la même logique que nous nous battons, celle de l’austérité et de la casse du service public ; c’est tous ensemble que nous devons riposter !




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