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Jeunesse

La sélection à l'université commence

Parcoursup : fin des vœux mais début de la sélection

Parcoursup, la nouvelle plateforme de vœux et de mise en concurrence des futurs étudiants et des étudiants en réorientation, vient de clore aujourd'hui la phase de vœux. Les élèves avaient en effet jusqu'à mardi 18 heures pour entrer leur souhaits d'orientation. Mais ils ont encore jusqu'au 31 mars pour se vendre sur le marché de l'éducation en rédigeant CV et lettre de motivation. Bienvenue dans le système éducatif néo-libéral.

Crédit Photo : THOMAS SAMSON / AFP

Entre les cours, les révisions, les bac blancs, les vœux, les lettres de motivations et les devoirs, les élèves n’ont qu’à être bien accrochés, ou bien soutenus par leur famille, pour réussir à s’emparer de Parcoursup. La nouvelle plateforme destinée à sélectionner les élèves et à renforcer les inégalités vient de clore la première phase du processus de sélection et de mise au pas de la jeunesse : les inscriptions devaient être finalisées mardi soir à 18 heures.

Les élèves en Terminale, mais aussi les étudiants en réorientation, ont désormais jusqu’à la fin du mois pour se vendre sur le nouveau grand marché de l’éducation supérieure. Au programme : lettre de motivation et CV. Deux « attendus » sur lesquels les facs et les écoles vont pouvoir opérer une sélection accrue des élèves, niant ainsi la fonction première du bac d’être un passeport pour les études supérieures de son choix. Depuis la promulgation de la loi ORE (Loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants) le 8 mars dernier par Macron et Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, c’est la loi de la sélection qui a été entérinée.

Les élèves doivent maintenant se confronter à la rédaction de leur CV. Or, quelle expérience mettre en avant à 17 ans, comme c’est le cas pour l’immense majorité des élèves ? Ceux-ci qui auront eu accès à des certifications payantes comme le TOEFL ou d’autres aptitudes en langues, avec des voyages à l’étranger, auront une carte à jouer avec laquelle les plus défavorisés ne pourront jamais rivaliser. La rubrique « compétence » du CV servira à sélectionner entre ceux qui savent correspondre aux attendus et ceux qui ne sont pas initiés. En bref, c’est la logique de sélection sociale qui joue ici à plein.

Autre nouveauté de parcoursup, la lettre de motivation. On n’entre à présent plus à l’université parce qu’on a eu son bac mais parce qu’on a un « projet de formation motivé » pour parler dans la langue de la startup nation. Autrement dit, il faut se vendre à la fac comme on se vend à un patron, une sorte d’avant-goût de la société néo-libérale de Macron. Seulement, le nombre de vœux étant de 10 et les sous-vœux pouvant être au nombre de 20 au total, il faut rédiger autant de lettres de motivation pour montrer qu’on veut précisément intégrer la formation souhaitée.

Face à un tel défi, de nombreux élèves sont démunis. Mais la solution est toute trouvée comme le suggère le site de France Inter : « Surtout : ne pas hésiter à se faire relire par un professeur ou un proche ». Cependant, quand ses proches sont eux-mêmes défavorisés, l’inégalité sociale va encore jouer à plein régime. Quant aux professeurs, ils ne pourront pas aider tous les élèves et seront forcés eux aussi de sélectionner, sans compter qu’il n’est pas dans leur rôle d’assister à la rédaction de telles lettres. On le voit bien, parcoursup généralise la concurrence entre les élèves et renforce les mécanismes de sélection inégalitaires.

La réforme de parcoursup, couplée à la réforme du bac et du lycée, dessine le monde néo-libéral auquel Macron, Blanquer et Vidal veulent soumettre les jeunes. C’est pourquoi, nous serons dans la rue, tous ensemble, élèves, étudiants, enseignants et cheminots le 22 mars pour faire reculer ce gouvernement des riches.




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