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Jeunesse

La bataille des examens

Paris 1 : les étudiants mobilisés annulent un à un les partiels

Vendredi matin, les étudiants de Nanterre frappaient un grand coup médiatique à Arcueil en faisant annuler les partiels délocalisés par la présidence de la fac dans le but de briser la mobilisation. Mais dans les autres facs, les étudiants mobilisés luttent aussi contre la tenue des partiels, notamment à Paris 1.

Après un mois d’occupation, Tolbiac avait été évacuée dans la violence, juste avant les vacances. Une évacuation précédée d’une large campagne médiatique menée par Georges Haddad et Frédérique Vidal, notamment sur la question épineuse des partiels. Un leitmotiv pour le gouvernement, résumé par Emmanuel Macron lui même : il n’y aura pas de « examens en chocolat », dixit son intervention télévisée d’il y a quelques semaines. A Paris 1-Tolbiac, Georges Haddad avait martelé que les partiels se maintiendraient, un moyen de faire pression sur les étudiants pour les forcer à rester dans une « attitude de travail » plutôt que se mobiliser contre le plan étudiants et la sélection.

Et il faut dire que pour maintenir les partiels, la présidence a mis les moyens. Après s’être plaint dans tous les médias du « coût » de l’occupation, l’université a déboursé près de 400 000 euros pour délocaliser les partiels, ou bien dans d’autres centres de la faculté (qui en compte une trentaine dans Paris), ou bien à Rungis, dans d’énormes hangars où sont censées composer les étudiants, surveillés par les forces de l’ordre et les CRS. Une délocalisation des examens qui obligent certains élèves, habitant dans les banlieues nord de Paris, à faire près de 2h30 de trajets pour se rendre à leurs partiels, parfois programmées à 8h ! De surcroît, la grève à la SNCF et finit de composer un tableau où les partiels ne peuvent tout simplement pas se tenir dans de bonnes conditions. Certains élèves sont mêmes obligés de louer une chambre d’hôtel pour être sûrs d’arriver à l’heure à leurs partiels ! Une situation ubuesque qui est dénoncée par tous les étudiants et professeurs mobilisés contre la sélection.

Même si le retentissement médiatique n’est pas le même qu’à Arcueil ce matin, de très nombreux partiels ont été annulés suite à des discussions dans les amphithéâtres où les étudiants sont censés composés. Souvent, un vote a lieu pour savoir si les étudiants veulent composer et dans de nombreux examens de sciences humaines notamment, une majorité d’étudiants se lèvent. C’est ainsi ce qui s’est déroulé dans les partiels d’histoire, de philosophie, d’histoire des arts, de géographie, de sociologie… récemment, dans les partiels de L3 Philosophie du droit et de L3 Pratiques de l’enquête en sciences sociales, plus de la moitié des étudiants se sont levés. Au niveau de l’UFR de Géographie, c’est tout bonnement tous les partiels qui ont été annulés sous la pression d’une assemblée générale de l’UFR. Selon un comptage approximatif fait par les étudiants mobilisés, c’est au moins une trentaines de partiels qui n’ont pas pu se tenir.

Malgré tout, la présidence veut rester inflexible et dire que toutes les partiels qui n’ont pas pu se tenir seront reportés, peut-être en juin durant la session de rattrapage, époque à laquelle une grande partie des étudiants est déjà partie travailler pour l’été. Léa*, étudiante en histoire, explique son énervement : « on a de plus en plus le sentiment que la présidence et les directions d’UFR nous méprisent et ne pensent qu’à leurs statistiques et aux résultats dans les classements internationaux. » Malgré tout, les étudiants sont loin d’être démoralisés par la fermeté de la présidence : en témoigne le partiel de Sciences Politique de 3ème année, refusé par la majorité des étudiants, qui a fini en déambulation dans les couloirs de la Sorbonne au son du chant révolutionnaire Bella Ciao.

*Prénom modifié

Crédit photo : EPA/MAXPPP




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