Jeunesse

La grève générale se prépare…

Paris 8 : les yeux rivés sur le 31 !

Publié le 29 mars 2016

Chez les héritiers de Vincennes, la détermination en cette quatrième semaine de lutte contre le « Travail » ne faiblit pas. Et toutes les énergies sont mises dans la préparation d’une journée qui s’annonce explosive : le jeudi 31 mars, grève générale ! Mais pas sans suites !

Mar Martin

5h : RATP, avec nous !

« L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. » Et quand le gouvernement ne nous en promet aucun, c’est au pied de la lettre qu’on prend cette expression. Ce matin, une délégation est allée chercher les travailleurs de la RATP Pleyel directement à leurs portes pour les appeler à faire grève, ensemble. Car si les jeunes ont pris de l’avance dans la mobilisation, ce n’est pas sans avoir conscience que cette dynamique doit servir à entraîner les travailleurs. 68 pour preuve, le cocktail gagnant associe l’énergie étudiante et lycéenne à l’arrêt stratégique de ceux et celles qui peuvent bloquer l’économie.

6h : on libère des contraintes !

Comme promis à la dernière AG, ce mardi 29 mars, c’est toute une équipe qui s’est attelée tôt le matin pour bloquer les accès aux cours, et ainsi laisser la fac ouverte à la mobilisation. Empilements de chaises, de tables, de poubelles et de grillages… il ne reste plus qu’à prendre un café, une part de gâteau fait maison, et venir discuter avec les mobilisés ! Car malgré les timides annonces de la présidente banalisant les cours ou ne sanctionnant pas les absences, nous sommes encore nombreux à être empêcher de participer au risque de prendre du retard dans le suivi du cursus, le rendu de dossiers, les passages d’examens… Car le libre choix de nos vies est tel que nous avançons toujours de contraintes en contraintes. Dans ces derniers jours avant le jeudi fatidique, plus question d’être privé de mobilisation. Le « blocage interne » de l’université a marqué un grand coup d’accélération pour le mouvement qui s’intensifie. Le message est clair : le bras de fer se durcit.

10h : on s’explique !

Si l’œuvre est belle, et le petit-déjeuner rassasiant, pas question pour autant d’en rester là. Tout l’enjeu du blocage interne : convaincre toujours plus, bien au contraire d’une action contre les étudiants « non-mobilisés ». Pour ça, c’est une inspectrice du travail qui avait accepté l’invitation pour organiser une séance d’explications détaillées sur la loi, suivies de discussions. A 10h, c’est ainsi qu’une centaine de têtes nouvelles ont pu se réunir au bâtiment C, laissé libre d’accès pour accueillir les évènements du jour.

12h : la plus grosse assemble générale tenue jusqu’ici !

Si la matinée a été intense, en énergie dépensée, en discussions tenues, mais aussi en tensions avec les quelques plus angoissés de rater leurs cours, elle a porté ses fruits. Le hall du bâtiment C s’est peuplé d’un millier de personnes pour cette sixième assemblée générale. Et au milieu des nombreux habitués, c’est tout plein de nouveaux visages qui sont venus fournir les rangs, libérés par l’absence de cours, informés par la présence visibilisée des militants, et agités par toute l’ambiance. Point d’information sur la loi pour partir à égalité, le débat fut riche et notamment sur les perspectives d’actions. En ligne de mire bien sûr : le blocage est-il réellement la meilleure façon ? Si la question divise, un élément fait en revanche l’unanimité : la loi « Travail », on n’en veut pas ! Quant au blocus, certains doutent de sa pertinence dans un lieu censé être un espace de savoir et d’émancipation, à la différence d’une usine ou entreprise qui elles, peuvent paralyser le pays une fois mises en grève. Stavroula, travailleuse administrative de l’université depuis des dizaines d’années, n’hésite alors pas à rappeler que cette université elle-même est née des luttes des années 60-70. Dans sa suite, Miléna, chargée de cours en Sciences-Politiques, évoquera la victoire du CPE après des semaines de mobilisation déterminée…et de blocage des universités ! Et Marie, étudiante en Science-Politiques, de répondre à ceux et celles qui réclament de pouvoir retourner tranquillement en cours : « Mais moi j’suis pas tanquille quand j’vais en cours. J’suis pas tranquille quand le matin j’me lève et que j’vois qu’on vit dans un monde de merde ! (…) mais aujourd’hui, on est là parce qu’on lutte pour un monde meilleur ! »

Paris 8 mais … Saint-Denis !

L’assemblée a également reçu le soutien d’Amel, travailleuse à la Mairie de Saint-Denis et syndiquée à SUD. Et c’est sans hésitation que l’AG a voté de lier les cortèges des travailleurs et travailleuses de la ville à celui de l’université et de l’interfac le jour du 31. Après l’AG interprofessionnelle du matin, c’est bel et bien ensemble qu’on va lutter ! Et au rythme entrainant des artistes engagés de la Compagnie Jolie Môme !

24 heures chrono

Demain, dernière ligne…rouge avant ce qui pourrait être le vrai début du bras de fer avec le gouvernement. Et l’avertissement sera donné à grande échelle dans l’après-midi par une action commune des facs et des lycées d’Ile de France, contre la précarité légalisée et renforcée par la voulue loi « Travail ». La grève générale ? « Eh bah vous l’aurez » comme disait l’autre.