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Politique

Quartier de la Goutte-d’Or

Paris : Des mineurs isolés étrangers cherchent un peu de chaleur dans les tambours des sèche-linges d’une laverie

Prise dans le quartier de la Goutte d'Or à Paris, des jeunes mineurs isolés migrants cherchent de la chaleur à l'intérieur des tambours des machines à laver. Avec l'horreur de l'esclavage en Libye avec « l’aide » notamment de l'Union européenne, ses guerres qui créent le chaos, ses financements directs aux tortionnaires de Lybie dont les exactions sont dénoncées largement, cette photo rejoint une liste croissante d'horreurs. Une photo qui illustre toujours plus le fossé croissant entre un capitalisme à même aujourd’hui de produire en un temps infime une quantité énorme de moyens de subsistance et la barbarie sans fin du XXIe siècle, leurs guerres et nos morts.

Photo vue sur le profil de Fabrice Riceputi

@Maitre_Eolas
Des mineurs isolés étrangers cherchent un peu de chaleur dans les tambours des sèches-linges d’une laverie. Quartier de la Goute-d’Or, Paris, 2017.

Première responsable, l’Europe forteresse. Macron compte non seulement la poursuivre mais l’accentuer. Après Hollande et la déchéance de nationalité, c’est désormais Macron qui reprend à son compte le programme du FN. Il suffit pour cela de voir le durcissement incarné très récemment dans la circulaire adressée par le ministère de l’Intérieur aux préfets qui préfigure la loi « immigration - asile ». Une circulaire dans laquelle Gérard Collomb exige l’envoi de brigades mobiles pour effectuer un recensement dans les centres d’hébergement d’urgence, ou encore accentuer la chasse aux migrants. Une autre circulaire, datant de début décembre, vise à accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile, leur enfermement, facilité et de plus longue durée dans des centres de rétentions. Une photo, à la fois terribles mais qui va devenir de plus en plus banale.

Des quasi camps de concentrations. Ce Noël, des milliers de migrants sont pris au piège dans des camps de concentration, de Lesbos en Grèce, à travers la Macédoine, la Hongrie et tant d’autres pays sur la route du désespoir. Des images qui ne sont pas vus dans les publicités de Coca-Cola et d’autres marques qui vendent leurs produits associés à une image de bonheur dans la consommation familiale. Face à la misère et à la précarité, Noël est devenu une forme de refuge éphémère pour des millions de personnes. Le marketing et la publicité télévisée, les nombreux panneaux d’affichage et tout ce que produit le capitalisme, Noël est une période de commémoration du « bonheur » par la consommation. Presque comme une religion moderne qui sert non seulement « l’opium du peuple » mais aussi « le soupir de la créature opprimée, l’esprit d’un monde sans cœur et l’âme d’une situation sans âme », comme disait Karl Marx.

Noël et fête du capitalisme. Mais le revers de la médaille, nécessaire à la reproduction de cette grande fête, ce sont les ouvriers des ateliers de sueur et de sang hors du monde, les ouvriers « intermittents » ou leurs « contrats zéro heure » équivalents en Angleterre « McJobs » d’Allemagne entre autres. Un autre visage invisible de cette grande fête a fait le temps de la consommation dans le capitaliste sont les usines d’ornement à Yiwu en Chine où 60% des décorations de Noël de la planète sont produites. Une précarité qui touche d’abord les populations les plus opprimés. C’est le quotidien du capitalisme qui prépare ses conditions annuelles de « célébration ».

Le bonheur de Noël ?. Le bonheur éphémère avec ses amis et sa famille malgré toute cette propagande est aussi un petit échantillon qu’il est possible de vivre dans une autre société, cela serait possible en utilisant la technologie croissante non pas pour donner plus de temps aux capitalistes, mais pour que tout le monde ait un travail et plus de temps libre, pour étudier, pour s’amuser, pour rester avec la famille.

La lutte comme seule issue. Les jeunes isolés étrangers que montrent l’image illustrent le résultat des guerres qui tuent et ruinent des pays semi-coloniaux, résultat en définitive de ce que l’impérialisme produit à savoir une immense pauvreté au milieu des pillages. Ce Noël, face à la barbarie impérialiste, il s’agit de prendre une respiration profonde et de se battre pour une vie qui a le sentiment d’être vécue, qui ne peut avoir que de raison, celle de consacrer nos vies, notre énergie physique et intellectuelle à la bataille contre ce système qui ne produit que la mort, le chaos et la misère.




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