^

Politique

« Beaucoup plus insurrectionnel que la semaine dernière »

Paris. Répression à grande échelle des Gilets jaunes : 158 interpellations, 50 blessés

L'acte III du mouvement des Gilets Jaunes se fait sous le signe de la répression. Alors que dans la matinée, des manifestants cherchaient à rejoindre l'avenue des Champs-Elysées, ces derniers en ont été empêchés. Ils ne se sont pourtant pas démontés, tentant de défaire les barrages filtrants des forces de police.

Crédits photos : © AFP / Lucas BARIOULET

En cet acte III du mouvement des Gilets Jaunes, l’un des points de rassemblement invitait les gilets-jaunes à manifester sur l’avenue des Champs-Elysées. Hier, le gouvernement a annoncé qu’il laisserait « généreusement » l’accès aux piétons, une manière d’interdire de fait l’accès aux manifestants. Les conditions d’accès étaient donc très restrictives via des fouilles et contrôles systématiques de l’identité. Mais ce matin, tous les accès aux Champs-Elysées ont été bloqués par les forces de police ! Accompagné d’un dispositif policier énorme, 4000 à 5000 forces de l’ordre mobilisées seulement dans la capitale. Une remise en cause du droit à manifester ainsi qu’une nouvelle expression du mépris de la part du gouvernement selon les manifestants, qui ont exprimé leur colère face à cette répression et au volte-face du gouvernement.

Face à cette énième tentative de dissuasion - visant à éviter un nouveau soulèvement de masse tel que celui de samedi dernier - et d’attaque contre le droit à manifester, les gilets-jaunes ne se sont pas démontés et ont répondu en essayant tout de même de passer les barrages filtrants des policiers. Des affrontements entre manifestants et policiers ont alors eu lieu. Ces derniers ont utilisé canons à eau et gaz lacrymogène.

On voit une nouvelle fois la radicalité des manifestants face à la répression. Alors que les CRS ont déboulé sur les manifestants, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, des centaines de gilets-jaunes les ont fait reculer. Une scène illustrative de la radicalité qu’exprime aujourd’hui le mouvement, qui n’hésite pas à défier directement l’Etat et les forces de polices qui tentent tant bien que mal d’étouffer la colère légitime qui s’exprime. Face à cette répression, les manifestants, rassemblés plusieurs heures place de l’Etoile ont par ailleurs adressé au gouvernement le message suivant - tagué sur l’arc de triomphe - : « Les Gilets-Jaunes triompheront ».

S’il est clair que la grande majorité des manifestants, y compris sur les Champs Elysées revendiquent des aspects progressistes comme : « l’amélioration du pouvoir d’achat » qui reste la principale revendication des "gilets jaunes" comme l’affirme le Monde, il est cependant clair que des franges organisées de l’extrême-droite étaient présentes. Ces derniers n’ont par ailleurs pas hésité à récupérer ces victoires symboliques des « gilets jaunes ».

De nombreux blessés

Plus de 50 blessés ont été comptabilisés du côté des manifestants. Un journaliste a publié une photo où il explique avoir été blessé par un « tir tendu de la police » de gaz lacrymogène. Il est à ce moment même à l’hôpital Bichat, à porte de Saint-Ouen. Les interpellations sont également nombreuses. A seulement mi-journée, celles-ci sont au nombre de plus de 150 interpellations à Paris, selon Edouard Philippe.
Pour justifier cette répression, le gouvernement, au travers du secrétaire d’Etat du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, joue une nouvelle fois la carte des « casseurs ». De nombreux slogans exprimaient justement que les premiers casseurs, c’est l’Etat.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Politique