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Politique

Plan I comme internationaliste

[Vidéo] Paris. Soirée internationaliste contre la guerre, le racisme et l’état d’urgence

C’est à Mains d’œuvres, espace culturel à deux pas des Puces de Saint-Ouen que cela se passera. En profitant de la présence de militants révolutionnaires de plusieurs pays européens réunis à Paris le 5 décembre prochain, Révolution Permanente organise une soirée internationaliste.

La touche musicale sera donnée par le concert du groupe Zapatriotes, entrecoupé par des interventions de militants et d’acteurs des luttes en Europe, tandis que la note politique sera celle du refus de la fuite en avant sécuritaire et guerrière qui instrumentalise les attentats odieux du 13 novembre, ainsi que le rejet de tout amalgame raciste.


L’Europe en crise et le retour du « national »

Le continent européen a été traversé ces derniers mois par des processus politiques tout aussi nouveaux que complexes. La capitulation de Tsipras en Grèce avec son lot de désillusions à l’égard d’une issue réformiste et négociée à la crise grecque, l’arrivée massive de réfugiés qui a entraîné une véritable remise en cause de Schengen, le développement de l’extrême droite xénophobe dans plusieurs pays, puis, plus récemment, les terribles attentats de Paris et Saint-Denis.

Quoique par des voies diverses, ces processus et événements semblent amener à une seule et même conclusion : celle d’un retour aux frontières nationales devenu inévitable.

À l’extrême droite les amalgames et les déclarations ouvertement racistes coulent à flots. Les événements tragiques des derniers jours profitent largement aux idées xénophobes qui s’étaient déjà répandues sur la toile de fond du chômage de masse et de l’arrivée massive de migrants fuyant les guerres du Moyen-Orient et d’Afrique. Depuis le 13 novembre, une partie de ces idées a été reprise par le gouvernement socialiste et son « état d’urgence », telles que le contrôle aux frontières et la déchéance de nationalité.

Du côté de la gauche c’est sur un tout autre plan que la question se pose. Après l’échec de la stratégie de négociation menée par Tsipras avec les créanciers et la Troïka, une grande partie de la gauche radicale s’est rangée derrière l’idée qu’il y aurait un « Plan B » possible, et ce uniquement à la condition de la sortie de la zone euro et du retour à une devise nationale.

C’est donc pour échanger autour de ces événements politiques centraux et tenter d’y apporter des réponses, que des militants du Courant Communiste Révolutionnaire du NPA (France), du groupe Classe contre Classe (État espagnol) et de l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (Allemagne) organisent une réunion internationale à Paris le week-end du 5 et 6 décembre. La nouvelle situation ouverte par les attentats du 13 janvier vient rajouter un gros pavé aux débats qui s’imposent.

Contre l’état d’exception et la guerre

À cela s’ajoute l’état d’exception permanent mis en place en France et qui sera sûrement exporté vers d’autres pays comme on le voit déjà en Italie et surtout en Belgique. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, il représente un saut dans l’arsenal répressif et sécuritaire qui sera à l’évidence utilisé dans l’avenir contre tous ceux qui oseront défier l’ordre existant.

Ces mesures, inefficaces pour stopper de nouveaux attentats, se dresseront donc justement contre ceux qui combattent les causes profondes du développement des réseaux terroristes et de la soi-disant « radicalisation islamique » que sont le chômage, la misère sociale et les interventions impérialistes qui sèment guerre et chaos, et maintiennent la misère. Ces lois liberticides serviront aussi notamment à lutter contre ces militants qui, eux, se battent contre l’absence d’une « radicalisation » d’un tout autre type, celle des luttes des travailleurs, et de la perspective d’une société débarrassée, à l’échelle internationale, de toute forme d’exploitation et d’oppression.

Notre union est internationale

Le climat « d’union nationale », de déferlante raciste et d’offensive guerrière a rendu plus que jamais nécessaire une voix de l’autre côté de la barricade, celle d’un autre ton, celle de la révolution et de l’internationalisme, de la solidarité entre les travailleurs et les peuples de tous les pays, pour la libre circulation et installation, contre les guerres impérialistes qui sont le terreau de la barbarie, pour une Europe socialiste.

C’est donc pour fêter l’internationalisme et s’opposer à l’état d’urgence et à la guerre, aux côtés de militants révolutionnaires et de travailleurs de différentes nationalités, que Révolution Permanente invite ses lecteurs à se rendre à l’espace Mains d’œuvres à Saint-Ouen le samedi 5 décembre à partir de 20h. Le tout sur fond de bonne musique et de discussions autour d’un verre !