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Jeunesse

"C'était un beau moment"

Paris VIII- Saint Denis : 1 000 personnes en Assemblée Générale. Blocage partiel revoté jusqu’à lundi !

Voilà près d’une semaine que l’université Paris VIII- Saint Denis est occupée et partiellement bloquée par des étudiants opposés au plan Vidal. Ce mercredi, et en dépit des manœuvres de la présidence de l’université pour infléchir son issue, c’est le retrait de la loi ORE et le blocage partiel de l’université jusqu’à lundi, date de la prochaine AG, qui ont été votés par une très large majorité des 1 000 étudiants réunis pour débattre dans la cour de la fac.

Vote du retrait de la loi ORE et reconduction du blocage partiel jusqu’à lundi

« Heureusement qu’il faisait beau et qu’on a pu faire l’AG dans la cour, car je ne suis pas sûr qu’on aurait trouvé un amphi suffisamment grand pour accueillir tout le monde », commente Mathilde, étudiante en Master, pour qui ce qui est ressorti de cette Assemblée Générale était inespéré. « C’est la troisième grosse AG qu’on fait, et définitivement c’est la plus massive qui se soit tenue depuis le début du mouvement sur Paris VIII. On était prêt de 1 000, avec pleins de nouvelles têtes ».

Le blocage de la semaine précédente a attiré les curieux. « Une véritable discussion s’est engagée, et ce qui en est sorti, c’est la prolongation du blocage partiel jusqu’à lundi et le retrait de la loi ORE », raconte-t-elle.

L’amplification de la mobilisation se voit par le nombre d’étudiants, dont certains ont osé prendre la parole en AG pour la première fois. Les propositions fusent : des étudiantes en arts proposent de repeindre les murs dégradés ; comme à Tolbiac, on réfléchit à l’organisation d’une université ouverte avec des cours alternatifs. On avance également l’idée d’accueillir la prochaine Coordination Nationale Etudiante du 21 avril sur Paris-VIII, notamment car cette présence permettrait d’assurer la défense des exilés occupants de l’université, présents sur la fac depuis le mois de janvier, et qui sont toujours sous le coup de l’expulsion. Un occupant prend la parole et invitent les étudiants à les soutenir lors d’un rassemblement devant la préfecture de Bobigny. La convergence, déjà, se met à l’œuvre…

La présidence à la manœuvre

Pourtant, rien n’était joué d’avance. Dans certains UFR, des enseignants, plutôt défavorables au blocage, avaient eux-mêmes appelés des étudiants à une réunion dans la matinée dans le but de les convaincre. Sans grand succès. Certains ont du répondre aux injonctions de la présidence qui « depuis plusieurs semaines envoient des mails aux enseignants avec des arguments anti-blocage et les invitent à s’adresser aux étudiants » explique une personnelle administrative (BIATSS) lors de l’Assemblée Générale.

De même, plusieurs étudiants n’ont pas hésité à dénoncer le fait que la présidence ait volontairement bloqué depuis une semaine l’accès à la bibliothèque pour faire grandir le mécontentement contre les « bloqueurs » qui n’en ont jamais fermé l’accès.

« C’était un beau moment »

Pour calculer les votes, « pour ou contre le blocage partiel », les présents se sont positionnés soit à droite, soit à gauche de la cour. « Et on a vu cette foule se séparer en deux groupes, passer d’un côté à l’autre. Il était alors clair que la majorité était gagnée à la prolongation de la mobilisation. C’était un beau moment »




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