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Jeunesse

Solidarité avec les migrant.e.s

Paris VIII : la direction de l’université contrainte d’accepter l’occupation des locaux pour les réfugié.e.s

Hier, dans la journée, des collectifs de soutien aux réfugiés, des étudiants et des réfugiés à la rue ont décidé d’occuper une partie des locaux du bâtiment A, non utilisés, de l’Université Paris 8 Saint-Denis. Tandis qu’hier, la direction de l’université entendait les déloger le plus rapidement, aujourd’hui, elle a accepté l’ensemble de leurs revendications !

Cela se passe dans le bâtiment A de l’université Paris 8 Saint-Denis. Depuis hier, des locaux du 2ème et une partie du 3ème étage sont occupés par des réfugiés et leurs soutiens : installation de dortoirs, d’une salle de repos et d’informatique, d’une cantine. C’est une véritable action de solidarité qui s’est mise en place, depuis la fac, entre ces réfugiés, jusque-là condamnés à l’errance de la rue dans le quartier de la Chapelle, et des étudiants et militants.

« Notre occupation s’inscrit dans le mouvement général de protestation contre les politiques migratoires européennes indignes », déclare leur communiqué. Ce dernier pointe du doigt le règlement de Dublin, « responsable de l’expulsion des exilé-e-s vers les périphéries de l’Europe », et entend organiser la contestation de la loi « asile et immigration », la circulaire Collomb que le gouvernement s’apprête à faire passer.

Mardi 30 janvier, premier jour de l’occupation, l’administration de l’université a été particulièrement hostile, laissant entendre qu’elle souhaitait déloger cette occupation. En une nuit, elle a adopté une toute autre attitude, allant jusqu’à accéder aux principales revendications du collectif : l’accès aux douches pour les occupants, le fait qu’aucun vigile ne puisse pénétrer dans le bâtiment A, et enfin la suppression des contrôles de carte à l’entrée de l’université afin que les occupants puissent sortir des bâtiments. « La direction a même accepté de déléguer un pompier pour ce bâtiment et en assurer la sécurité », ajoute un soutien, étudiant à Paris 8.

Il faut dire que l’Assemblée Générale qui se tenait ce matin même à Paris 8 contre la sélection a également voté la défense de l’occupation des locaux du bâtiment A. Dans ce contexte, la répression de l’occupation pourrait faire grimper le taux de mobilisation sur la fac, chose que craint particulièrement la direction. De plus, lors de la rencontre cet après-midi, la centaine de soutiens à l’occupation venus au rendez-vous a pu montrer la nature du rapport de force. Plutôt que de réprimer, la présidence a décidé de tolérer. Quoiqu’il en soit, c’est déjà une véritable victoire qui va dans le sens d’une reprise du combat contre Macron et de ses politiques d’exclusion sociale, scolaire et migratoire !

Les revendications du collectif, hautement politiques, exigent :

  • La fin immédiate du règlement de Dublin
  • La fin de la distinction entre « migrants économiques » et « réfugiés politiques », pour en finir avec une politique qui trie les « bon·ne·s » et les « mauvais.es » migrant·e·s
  • Des papiers pour tous.tes
  • La liberté de circulation et d’installation pour tous.tes
  • Le droit au logement, à l’éducation et à la formation
  • Et enfin, des excuses publiques pour les milliers de vies détruites.



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