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Parlement européen : doubles salaires et conflits d’intérêts massifs !

L'ONG Transparency International publie une étude sur les ressources extra-parlementaires des députés européens. Résultat des courses : 31% des eurodéputés ont une double paye et cela s'accompagne également de conflits d'intérêts ouvert que l'institution couvre sans problème.

L’étude réalisée par l’ONG Transparency International est conséquente. 2000 déclarations d’intérêts ont été examinées pour donner une vision la plus complète possible des revenus des eurodéputés. Sur les 751 représentants européens siégeant au parlement de Strasbourg, 31 % ont des activités rémunérées en dehors de leur activité de députés. Les 8 484 euros par mois qui, si on inclut les indemnités, peuvent faire monter les revenus à 10 000 voire 12 000 euros pas mois, ne doivent sûrement pas suffire pour finir les fins de mois…

L’étude précise que « trente-cinq élus ont gagné plus de 100 000 euros en plus de leurs salaires officiels d’élus » et que « entre 10 et 31 élus ont gagné plus d’argent de leurs activités hors du Parlement que les compensations qu’ils ont obtenues des contribuables européens ». Entre Renato Soru qui a reçu plus d’un million et demi d’euros de Tiscali, Antanas Guoga et ses 1,35 millions d’euros gagnés au poker et dans les affaires, les 920 614 de Guy Verhofstadt gagnés auprès de Sofina, les 768 000 euros de Rachida Dati pour ses activités d’avocate et les 590 048 euros de Nigel Farage, on n’est pas déçu de voir à quel point la double casquette d’entrepreneur et de député peut être lucrative pour certains.

Mais la palme de cette corruption endémique revient à l’ENL, l’Europe des nations et des libertés, un parti eurosceptique fondé par Marine Le Pen et Matteo Salvini, qui compte 54 % de membres ayant une activité en dehors du parlement. On savait que le FN était déjà expert en emploi fictif et détournement de fonds mais le voilà également champion en optimisation de la fonction de député.

Transparency International pointe encore des conflits d’intérêts patents au sein du parlement de Strasbourg où « trois élus occupant des responsabilités rémunérées dans des organisations figurant pourtant au registre européen des lobbies » occupent pourtant les bancs de l’institution européenne. En effet, Viviane Reding, Agnes Jongerius et Paul Rübig occupent respectivement des places au conseil d’administration de la Fondation Bertelsmann, au conseil d’administration de la Poste néerlandaise et dans la chambre de commerce d’Autriche. Trois situations de conflits d’intérêts avérées qui avaient poussé le parlement à introduire en 2011 un « code de conduite » qui reste encore largement perfectible au vu des résultats de l’enquête rédigée par Daniel Freund.

Les divers présidents à la tête de l’institution européenne se sont en plus particulièrement distingués par leur laxisme envers les députés européens qui déposaient des amendements en faveur d’intérêts privés. Sur les 24 violations des règles éthiques recensées seulement une a conduit à une réprimande…

À un an des élections européennes, l’enjeu des doubles rémunérations faramineuses, de la corruption et des conflits d’intérêts relance l’exigence de transparence, de contrôle des représentants et de fin de l’immunité parlementaire que la campagne Poutou de 2017 avait placé au cœur de ses revendications.




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